Des ateliers de légitime défense pour femmes feront escale sur la Côte-Nord du 19 au 24 mai, entre Sacré-Cœur et Baie-Comeau. Organisée par Lumière Boréale CALACS de Baie-Comeau, la tournée sera animée par Ellie Autodéfense, une entreprise de Drummondville qui sillonne le Québec depuis près de 10 ans.
Derrière Ellie Autodéfense, il y a un couple, Jean-François-Éric Isabel et Cindy Girard. Lui possède plus de 25 ans d’expérience en arts martiaux et, elle, a contribué à revoir l’approche pour l’ancrer davantage dans la réalité des femmes.
« Le couple est venu en premier, la business après », résume Jean-François-Éric Isabel.
L’entreprise est née d’un constat. Selon lui, plusieurs cours offerts aux femmes étaient trop proches des arts martiaux ou du sport, sans être réellement adaptés à leurs besoins. Avec Cindy Girard, il a voulu construire une approche plus simple, plus accessible et plus humaine.
« Chaque femme, peu importe sa condition, a la capacité de se protéger », affirme-t-il.
Les ateliers, offerts aux filles et aux femmes, ne visent pas seulement à apprendre à frapper ou à se dégager. L’entreprise préfère parler de légitime défense, en intégrant aussi la notion de cadre légal, de limites personnelles, de communication et de sécurité. « Nous, ce qu’on enseigne, c’est de la légitime défense », précise-t-il.
La journée se veut progressive. Les participantes sont amenées à vivre des exercices physiques, mais aussi à prendre conscience de leur force, de leur espace et de leur capacité à dire non. « On ne crée rien chez les personnes. On ouvre des portes », image l’entraîneur.
L’approche repose sur quelques mouvements simples, répétés dans différents contextes. Mais derrière le geste, Ellie Autodéfense cherche aussi à toucher quelque chose de plus profond.
« Je peux te dire mille fois que tu es forte. Je vais te le faire vivre », lance M. Isabel.
Au fil des années, le duo a donné des formations un peu partout au Québec, notamment auprès d’organismes de femmes, de milieux scolaires, de maisons d’hébergement, de CALACS, de CAVAC et de groupes liés au réseau de la santé. Des formations ont aussi été offertes dans des communautés autochtones et nordiques.
Sur la Côte-Nord, la tournée de mai passera notamment par Sacré-Cœur, Forestville, Pessamit et Baie-Comeau. Les deux entraîneurs seront présents ensemble, comme c’est toujours le cas dans leurs ateliers.
Pour Jean-François-Éric Isabel, les retombées dépassent souvent le cadre d’une situation d’agression. Il raconte avoir vu des femmes repartir avec une posture différente, parfois dans leur vie personnelle, parfois au travail. « Ce qui ressort beaucoup, c’est l’appropriation de soi », dit-il.
L’objectif, insiste-t-il, n’est pas de faire peur, mais de donner des outils. Leur mantra résume l’esprit de la démarche, soit « plus forte aujourd’hui », lance-t-il.
Les personnes intéressées doivent communiquer avec Lumière Boréale CALACS de Baie-Comeau pour connaître les modalités d’inscription.