Les travaux de déboisement se termineront bientôt et ceux dans le lit de la rivière commenceront en juillet. Photo Gabriel Holden Rousseau
Le 30e souper-bénéfice de la Corporation de gestion de la rivière à saumon des Escoumins, tenu le 2 mai à Essipit, a permis d’annoncer des avancées concrètes et des perspectives encourageantes pour l’avenir du saumon.
Dans une ambiance festive et mobilisatrice, l’événement a rassemblé partenaires, citoyens et acteurs du milieu au Centre communautaire montagnais d’Essipit. Au-delà de la levée de fonds, la soirée a surtout été marquée par une série de bonnes nouvelles pour la rivière et pour le saumon atlantique.
D’entrée de jeu, les organisateurs ont rappelé l’importance de cette mobilisation annuelle pour soutenir les efforts de conservation. « Votre présence et votre générosité contribuent directement aux efforts de conservation, d’accessibilité et d’éducation », a souligné la conseillère du Conseil de la Première Nation des Innus Essipit, Suzie Gagnon, qui représentait le chef Martin Dufour.
Elle a également mis en valeur « le partenariat exemplaire » entre la municipalité des Escoumins et la Première Nation. « Notre rivière, c’est bien plus qu’un cours d’eau. C’est un écosystème vivant, un lien entre les générations et un symbole de résilience », a-t-elle affirmé devant la centaine de convives.
Après plusieurs années marquées par des inquiétudes, le directeur adjoint de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique, Pierre-Olivier Fortin, a livré un message teinté d’« optimisme prudent ».
Si les retours de grands saumons demeurent faibles en raison d’une forte mortalité en mer, la situation des plus jeunes individus offre un certain répit. « Les petits saumons sont revenus près des moyennes historiques l’an passé. Ça nous laisse présager un meilleur retour de grands saumons pour 2026 », a-t-il expliqué.
Parmi les autres avancées notables, il a mentionné le renouvellement d’un programme provincial de 4,4 M$ sur trois ans pour soutenir la protection et le suivi des populations, ainsi que l’annonce récente d’un investissement fédéral de 82 M$ sur cinq ans pour le saumon atlantique.

La soirée a aussi permis de présenter un ambitieux projet de restauration de la rivière des Escoumins, piloté par l’entreprise Minerai de fer Québec.
Le chargé de projets – compensation et restauration minière, Frédéric Gagnon, a détaillé une série d’interventions prévues dès 2026 afin de redonner à la rivière des conditions plus naturelles. « La rivière n’est pas capable, par elle-même, de reprendre ses dynamiques naturelles. Il faut intervenir pour recréer ces processus », a-t-il fait savoir.
Le projet prévoit notamment la réactivation d’anciens méandres, l’ajout de structures de bois pour diversifier les courants et l’amélioration des habitats de fraie. Trois tronçons prioritaires seront restaurés progressivement jusqu’en 2030.
« C’est le genre de projet qui peut paraître simple, mais qui nécessite une grande collaboration », a-t-il souligné, mentionnant l’implication de nombreux partenaires locaux, scientifiques et communautaires.

Au fil de la soirée, marquée par des encans, des jeux et des animations, les organisateurs ont rappelé que la participation du public demeure essentielle au succès de la mission.
La présidence d’honneur, assurée par le cabinet juridique Cain Lamarre, a d’ailleurs remis un don de 5 000 $, saluant au passage « la force du travail collectif » et la mobilisation régionale autour de la rivière.
Trente ans après sa création, la Corporation peut ainsi compter sur un appui soutenu et sur de nouvelles perspectives encourageantes. Comme l’a résumé Suzie Gagnon : « Ensemble, continuons à faire couler la passion au rythme de la rivière. »
Au moment d’écrire ces lignes, le montant total récolté par le souper-bénéfice n’avait pas été dévoilé. L’an dernier, une somme de 41 600 $ avait été amassée lors de la soirée.
Les travaux de déboisement se termineront bientôt et ceux dans le lit de la rivière commenceront en juillet. Photo Gabriel Holden Rousseau