Histoire de saumon: de l’œuf à la rivière, la grande aventure!
Les alevins en aquarium. Courtoisie
Des élèves de 56 écoles disséminées sur le territoire québécois, du Saguenay à la Gaspésie en passant par Montréal, Québec et la Basse-Côte-Nord, vivent présentement une expérience hors du commun : l’élevage d’alevins de saumons qui rejoindront bientôt leurs congénères sauvages dans les rivières à saumons québécoises !
Le programme Histoire de saumon a été mis sur pied par la Fédération québécoise du saumon atlantique (FQSA) dans les années 1980.
« Il a changé au fil des années, mais le programme tel qu’on le connaît aujourd’hui existe depuis 2016 », indique Alexandra Kassatly, chargée de projet en biologie pour la FQSA et responsable du programme.
Outre le plaisir et les apprentissages transversaux liés à la réalisation d’un tel projet, le programme Histoire de saumon remplit une autre fonction : la sensibilisation des futurs usagers du territoire.
« Le programme aide beaucoup à la sensibilisation à l’environnement », estime Alexandra Kassitly.
Comment ça marche ?
Les étapes sont assez simples pour les écoles qui souhaitent participer. D’abord, elles devront se procurer l’équipement nécessaire : un aquarium, un refroidisseur, quelques accessoires… Durant leur phase d’éclosion, les œufs devront être maintenus à une température entre 4 et 6 degrés Celsius.
« C’est un investissement, mais une fois que les équipements sont achetés, le projet peut revenir d’année en année à coût quasi nul, parce que la FQSA offre les œufs et la nourriture », précise Alexandra Kassatly.

La chargée de projet effectue elle-même, lorsqu’elle le peut, la livraison des œufs qui voyagent bien au frais dans une glacière. Environ 200 futurs alevins sont distribués à chacune des écoles participantes.
La FQSA collabore avec le Laboratoire aquatique de recherche en sciences environnementales et médicales (LARSEM) de l’Université Laval qui « produit » la plupart des œufs.
Le LARSEM a par ailleurs pour mission de supporter l’ensemencement, plutôt rare, précise Mme Kassatly, des rivières en saumon atlantique.
La chargée de projet est toujours disponible pour supporter les participants tout au long des étapes du programme, de la réception des œufs à la libération des alevins dans les rivières, en juin, quand les conditions sont optimales.
« On peut les accompagner, en tout temps, en visioconférence s’il y a un souci, des questionnements », indique-t-elle.
Le taux de succès est excellent.
« Ce sont de bons œufs, avec un taux d’éclosion près de 100 %. Des fois, de petits saumons ne survivent pas, mais c’est normal ! Ça arrive dans la nature aussi », relativise Mme Kassatly.
La relâche se fait habituellement dans la rivière à saumon la plus près de l’école.

« Les alevins peuvent être relâchés dans n’importe quelle rivière à saumon, techniquement, mais pour limiter leur stress, il est mieux de limiter le temps de transport entre l’école et la rivière », indique Alexandra Kassatly, qui effectue souvent cette étape.
Parfois, les professeurs eux-mêmes s’en chargent.
« On recommande vraiment, quand c’est possible, que les enfants et ados soient présents, parce que le moment de la mise à l’eau est vraiment excitant ! »
Les poissons, dans des chaudières, sont délicatement libérés dans l’eau de la rivière.
« Les jeunes sont très contents et aussi respectueux des jeunes saumons, lors de la remise à l’eau. C’est une activité à laquelle ils ont très hâte toute l’année ! », lance Mme Kassatly.
Quant à savoir si les petits saumons deviendront tous grands, il est impossible de le prédire.
« On sait que ça fonctionne, parce qu’on a des saumons d’ensemencement sur lesquels on a mis des émetteurs, un peu comme ce qu’on utilise pour les chiens et les chats micropucés. Ça permet de suivre certains individus et on est capable de savoir, avec certains équipements spécialisés, quand ils passent à un endroit précis, s’ils reviennent frayer dans la rivière où ils ont été relâchés. »
Il n’est toutefois pas possible de « taguer » les alevins du projet Histoire de saumon. « On aurait besoin d’un autre permis pour taguer et, de toute façon, les alevins sont un peu trop petits quand on les relâche. On a espoir qu’ils survivent ! », explique la biologiste.
Des oeufs par avion
Pour la première fois cette année, des œufs ont voyagé… en avion ! Normal, puisque la route ne se rend pas jusqu’à l’école Mountain Ridge, à Vieux-Fort, aux confins de la Basse-Côte-Nord. Tout l’équipement a été apporté par bateau.
“ C’est la première fois qu’on se rend aussi loin ! “, se réjouit Alexandra Kassatly. Car les œufs se sont rendus sans encombre.
“ On n’a eu aucune mortalité et c’est une bonne nouvelle, parce que ça ouvre la porte à d’autres écoles en milieu éloigné ”, poursuit la chargée de projet.
Dans le cas spécifique de l’école Mountain Ridge, les œufs proviennent de la station piscicole de la Société saumon de la rivière Romaine (SSRR). “ Les œufs proviennent de la SSRR, puisqu’ils voyagent moins longtemps. Ce n’est pas pour des raisons de similarité génétique ”, précise Mme Kassatly.
Les vigoureux petits alevins seront bientôt prêts à être relâchés dans la rivière Saint-Paul, un moment fort et attendu par tous les participants !
Les écoles participantes sur la Côte-Nord en 2026
(dans l’ordre, nom de l’école, municipalité et rivière de destination des alevins)
École Bois-Joli, Sept-Îles, Moisie
École Boisvert, Baie-Comeau, Godbout
École Dominique Savio, Les Bergeronnes, Escoumins
École Johnny-Pilot, Uashat, Moisie
École Lestrat, Havre-Saint-Pierre, Romaine
École Leventoux, Havre-Saint-Pierre, Romaine
École Marie-Immaculée des Escoumins, Les Escoumins, Escoumins
École Mountain Ridge, Vieux-Fort, Saint-Paul
École Notre-Dame-du-Bon-Conseil, Longue-Rive, Sault-au-Mouton
École Olamen, La Romaine, Romaine
École Saint-Alexandre, Port-Cartier, Aux-Rochers
École Saint-Luc, Forestville, Laval
École Sainte-Marie, Ragueneau, Laval
École Saint-Joseph, Tadoussac, Moisie
École Tshishteshenu, Mani-Utenam, Moisie
L’espoir de Shelna, Havre-Saint-Pierre, Romaine