ITUM demande à la première ministre de reconnaître le racisme systémique
La première ministre Christine Fréchette, en compagnie de la députée de Duplessis et ministre de la Famille, Kateri Champagne Jourdain. Photo archives, Vincent Rioux-Berrouard
Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam demande à la première ministre Christine Fréchette de reconnaître le racisme systémique, à la suite du décès d’un membre de la communauté dans des circonstances troublantes mis en lumière par le Protecteur du citoyen.
« Nous souhaitons interpeller directement la première ministre Christine Fréchette afin qu’elle reconnaisse clairement l’existence du racisme systémique affectant les Premières Nations », écrit ITUM, dans un communiqué diffusé vendredi.
À la suite de la publication d’un reportage de Radio-Canada sur le décès de Philippe Pinette, dans des circonstances rappelant celles de Joyce Echaquan, ITUM a exprimé « sa profonde tristesse », en lien avec le décès d’un membre de sa communauté, « dans des circonstances qui rappellent, encore une fois, les réalités difficiles et les inégalités auxquelles font face les Premières Nations au Québec ».
L’innu de 40 ans décédé en septembre 2022 aurait subi des « manquements graves », selon le rapport du Protecteur du citoyen, alors qu’il était sous la garde de l’Établissement de détention de Québec.
« Ce décès n’est pas un événement isolé », clame ITUM. « Il s’inscrit dans un contexte plus large de discrimination, de profilage et d’accès inéquitable aux services publics, notamment en matière de santé et de services sociaux », poursuit le conseil de bande.
Ce dernier évoque les propos du Dr Stanley Vollant, médecin-conseil pour la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador. Il affirmait récemment que les préjugés envers les Autochtones persistent encore dans le système de santé québécois.
« Tant que les réalités vécues par nos membres ne seront pas pleinement reconnues, incluant l’existence du racisme systémique, les changements demeureront insuffisants », peut-on lire. « Il est temps que des gestes concrets soient posés pour assurer à nos membres le respect, la sécurité et l’équité auxquels ils ont droit », conclut le chef, Jonathan Shetush.
Sous la gouverne de François Legault, le gouvernement de la CAQ a toujours refusé de reconnaître le racisme systémique.
La députée réagit
La députée de Duplessis, Kateri Champagne Jourdain a réagi au communiqué d’ITUM via ses réseaux sociaux.
« Je comprends et je partage la douleur vécue par la famille et notre communauté à la suite ce rapport », écrit-elle, précisant qu’une enquête est en cours. « La lumière sera faite sur ce drame. »
Elle souligne que « plusieurs intervenants, à différents niveaux, ont fait leur travail avec humanité ».
« Nous sommes tous égaux. Chaque être humain mérite d’être traité avec dignité. Le professionnalisme et la bienveillance doivent guider chacune de nos actions et nos décisions. Par des actions concrètes, notamment la Loi instaurant l’approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux, les pratiques évoluent et continuent de s’améliorer. Poursuivons le travail ensemble », conclut-elle.