La diplomation en Haute-Côte-Nord, ses obstacles et ses solutions étaient au cœur d’une présentation livrée par Noa Lapointe, étudiante en Sciences humaines au Centre d’études collégiales de Forestville. À travers une recherche étoffée et un témoignage personnel, la jeune cégépienne a mis en lumière les réalités scolaires de la région et du Québec.
Devant des intervenants du milieu scolaire, communautaire et de l’orientation professionnelle réunis dans le cadre d’un « speed meeting » de la Table régionale de concertation en orientation scolaire et professionnelle, Noa Lapointe a présenté les résultats de sa recherche intitulée Le niveau de diplomation secondaire, collégiale et universitaire en Haute-Côte-Nord et au Québec : causes, conséquences et solutions.
Réalisée dans le cadre du cours synthèse de programme Mon parcours : réflexion et réalisation, cette étude lui permettait de démontrer les acquis développés tout au long de son parcours en sciences humaines au Centre d’études collégiales de Forestville.
Un parcours personnel assumé
Au-delà des statistiques et des tableaux comparatifs, la présentation a surtout été marquée par le témoignage personnel de l’étudiante, qui a raconté un parcours scolaire non linéaire.
« Moi, j’ai commencé au secondaire, mais je ne l’ai jamais terminé au secteur régulier », a-t-elle confié. Après avoir complété ses mathématiques à l’éducation des adultes, puis fait un détour par le cégep, elle croyait ses études terminées avant de revenir finalement en Sciences humaines à Forestville.
« Je ne m’attendais pas à refaire quelque chose. C’était fini complètement. Puis après, j’ai décidé de me lancer en sciences humaines », a-t-elle raconté.
Son expérience personnelle a nourri sa réflexion sur les causes du décrochage scolaire et sur les défis rencontrés par plusieurs jeunes de la région.
Dans sa recherche, Noa Lapointe s’est intéressée aux facteurs psychologiques, sociologiques et économiques qui influencent la persévérance scolaire.
Elle a notamment abordé les enjeux liés à la santé mentale et à l’intimidation, citant des données de l’Institut de la statistique du Québec selon lesquelles près de 13 % des personnes ayant fréquenté un établissement scolaire auraient vécu de l’intimidation ou de la cyberintimidation.
« Une personne victime d’intimidation a beaucoup plus de chances d’abandonner ses études qu’une personne qui n’en vit pas », a-t-elle souligné.
L’étudiante a également mis l’accent sur les obstacles financiers auxquels font face les jeunes qui poursuivent des études supérieures en région : coûts de logement, déplacements, épicerie et endettement. « Les jeunes s’endettent beaucoup », a-t-elle résumé.

La Haute-Côte-Nord se démarque
À partir de données du ministère de l’Éducation, Noa Lapointe a comparé les taux de diplomation de la Haute-Côte-Nord avec ceux de la Côte-Nord et de l’ensemble du Québec.
Selon les chiffres présentés, la Haute-Côte-Nord aurait affiché, entre 2015 et 2022, un taux de diplomation secondaire supérieur à celui de l’ensemble de la Côte-Nord.
Elle a également souligné que l’augmentation du taux de diplomation aurait été plus marquée dans la région que dans l’ensemble du Québec durant cette période.
L’étudiante a toutefois rappelé certaines limites liées aux données régionales au collégial, notamment en raison de la petite taille des cohortes au Centre d’études collégiales de Forestville.
L’événement s’inscrivait dans les activités de la Table régionale de concertation en orientation scolaire et professionnelle, qui regroupe différents organismes œuvrant dans le domaine de l’orientation et de l’accompagnement scolaire sur la Côte-Nord.
Interrogée sur l’initiative, Tania Boudreault a expliqué que l’objectif demeure de renforcer les liens entre les organismes et les intervenants du milieu. L’organisation tenait son troisième événement régional après un premier colloque tenu en 2024 et une conférence portant sur les traumas complexes.
Pour Noa Lapointe, cette occasion représentait surtout une rare opportunité de faire entendre la voix d’une étudiante sur des enjeux touchant directement la réussite éducative en région. « C’est vraiment rare qu’on a des élèves qui ont l’opportunité de faire des présentations comme ça, puis j’en suis vraiment fière », a-t-elle conclu.