L’agrandissement du Parc Marin retardé 

Par Félix Côté 10:45 AM - 19 mai 2026
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Le plan d'agrandissement inclurait maintenant plusieurs localités au sud du fleuve et s'étendrait jusqu'à Longue-Rive du côté nord de la rive. Photo Parc Marin du Saguenay-St-Laurent

L’agrandissement attendu du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent n’a finalement pas été fait en 2025 comme prévu. En cause : une vérification technique liée à d’anciennes propriétés privées situées sous le niveau du fleuve, principalement sur la rive sud du Saint-Laurent.

C’est ce qu’a expliqué Émilien Pelletier, président du comité de coordination du Parc Marin du Saguenay–Saint-Laurent. Selon lui, le retard est attribuable à un travail complexe de validation cadastrale et géographique. « Il peut y avoir des propriétés qui se rendent au-dessous du niveau de l’eau du fleuve. Il faut absolument clarifier cette situation-là parce que le gouvernement serait sujet à des poursuites si jamais on déclarait le parc sur des terrains qui n’appartiennent pas à l’État », explique-t-il.

Des «lots d’eau» à vérifier

Le problème concerne ce qu’on appelait autrefois des « lots d’eau », soit certaines propriétés privées pouvant s’étendre jusque dans le fleuve. La situation touche surtout la rive sud du Saint-Laurent, une réalité qui n’existait pas lors de la création initiale du Parc Marin il y a plus de 25 ans. « Le parc ne touchait pas la rive sud à l’époque et sur la rive nord, ces cas-là ne sont pas ou peu présents », précise le professeur émérite de l’Université du Québec à Rimouski. Cette vérification oblige maintenant Québec à mener une véritable enquête dans les documents anciens et actuels afin de confirmer les limites exactes des terrains appartenant à l’État.

Malgré ce contretemps, Émilien Pelletier affirme que ni Québec ni Ottawa n’ont remis en question leur intention d’agrandir le Parc Marin. « On nous a bien expliqué qu’il n’y a pas un changement de volonté de revenir sur cette décision d’agrandir le parc », soutient-il.

Le comité de coordination a toutefois été informé qu’une solution temporaire pourrait permettre l’adoption des décrets nécessaires dans les prochaines semaines, bien qu’aucune date officielle ne soit encore avancée.

Une saison de protection perdue

Ce retard repousse également l’application de certaines nouvelles mesures de protection destinées notamment aux bélugas. Parmi celles-ci : l’interdiction de s’approcher à moins de 400 mètres des regroupements de bélugas dans les futures zones agrandies du parc.

« On aurait espéré être capables d’appliquer cette règle dès la prochaine saison touristique », reconnaît Émilien Pelletier. Il nuance toutefois l’impact immédiat du retard. « Ça ne remet pas en question la protection des bélugas. Ça fait simplement une saison de plus où on a un défaut de protection en dehors de la zone actuelle du Parc Marin », affirme-t-il.

Le béluga est très sensible à la présence humaine. Le comportement des plaisanciers préoccupe les gestionnaires du Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent. Photo Parcs Canada/Renaud Pintiaux

Concernant la réduction de vitesse des navires commerciaux à l’embouchure du Saguenay, le président du comité de coordination assure que les mesures actuelles demeurent en vigueur. «La réduction de vitesse des navires commerciaux est maintenue cet été sans problème à l’embouchure du Saguenay dans tout le parc actuel », dit-il. Il précise toutefois que l’agrandissement du parc ne signifiera pas automatiquement l’application des mêmes règles à l’ensemble du futur territoire élargi. Ces mesures devront faire l’objet de discussions ultérieures.

D’autres espèces concernées

L’agrandissement du parc pourrait aussi améliorer la protection d’autres espèces marines et d’oiseaux fréquentant le secteur, notamment certaines grandes baleines. « Même la baleine noire se rend parfois jusque dans le parc actuel. Quand le parc sera agrandi, on pourrait la voir plus souvent encore », souligne Émilien Pelletier.

Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent baleine Photo Jocelyn Praud

Du côté de la pêche commerciale, il rappelle qu’aucun changement n’est prévu. La réglementation demeure sous la responsabilité de Pêches et Océans Canada. « Le parc agrandi ou non, ça ne change pas la réglementation appliquée par Pêches et Océans Canada », conclut-il.

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