Un Plan climat sur mesure pour la Manicouagan
Les feux de forêt plus nombreux sont un enjeu soulevé jusqu'à maintenant. Photo iStock
La MRC de Manicouagan poursuit l’élaboration de son futur Plan climat et multiplie les consultations publiques afin d’impliquer les citoyens, les municipalités et les organismes dans cette démarche.
La coordonnatrice au développement régional durable à la MRC de Manicouagan, Stéphanie Gravel-Couture, explique que l’objectif est de créer « un plan vraiment sur mesure pour le territoire », adapté aux réalités locales et aux vulnérabilités propres à la région.
« Le but, c’est vraiment d’aller chercher l’implication des citoyens et des différentes organisations sur le territoire. On veut faire un plan à l’échelle collective », affirme-t-elle.
Depuis mars 2024, la MRC travaille officiellement à l’élaboration du Plan climat, même si les premières réflexions remontent à la fin de 2023 avec des partenaires comme Environnement Côte-Nord et la Région biosphère Manicouagan-Uapishka.
« Le fait de réaliser un Plan climat à l’échelle locale, ça permet de venir cibler nos propres enjeux, nos propres risques, puis de se préparer en amont », explique la responsable.
Des consultations publiques
Au cours de la dernière année, la MRC a organisé plusieurs consultations dans les municipalités du territoire. « On a fait une tournée des conseils municipaux. Donc on est allé rencontrer chaque conseil municipal de chaque municipalité », précise Stéphanie Gravel-Couture.
Quatre cafés climat ont aussi été organisés en 2025 dans le cadre de la Semaine du climat dans les municipalités de Pointe-aux-Outardes, Ragueneau, Godbout et Baie-Comeau afin de rencontrer directement les citoyens.
Deux consultations, appelée Rendez-vous climat, auront lieu à Baie-Comeau le 31 mai et le 1er juin. Une conférence sous le thème « La submersion et l’érosion côtière : état des lieux, défis et solutions », présentée par le professeur en biologie, chimie et géographie à l’Université du Québec à Rimouski, Pascal Bernatchez, se déroulera le 2 juin au restaurant-bar Le Blues.
Des consultations devraient se dérouler auprès des étudiants des écoles secondaires de la polyvalente des Baies et de l’école secondaire Serge-Bouchard. D’autres consultations dans les municipalités sont aussi prévues à l’automne. « On veut vraiment entendre tout le monde. »
L’objectif des échanges est notamment de recueillir les préoccupations de la population et d’identifier les actions prioritaires qui pourraient faire partie du futur plan d’action.
« À chacune de nos consultations, on produit un rapport des activités. On vient recenser tous les commentaires qui sont ressortis à travers les différentes discussions », explique la coordonnatrice.
Érosion et feux de forêt
Parmi les principaux enjeux soulevés jusqu’à présent, plusieurs concernent les impacts déjà visibles des changements climatiques sur le territoire.
« Les municipalités de Pointe-aux-Outardes, Pointe-Lebel et Ragueneau présentent une plus grande vulnérabilité à l’érosion tandis que celles de Franquelin, Godbout et Baie-Trinité sont davantage exposées aux feux de forêt », indique Mme Gravel-Couture, en précisant que des analyses sont encore en cours.
Les municipalités s’inquiètent aussi des conséquences financières et organisationnelles des événements climatiques extrêmes. « Certaines municipalités sont très petites, donc ils ont des petites équipes pour répondre aux besoins », explique-t-elle.
La MRC est actuellement en train d’analyser plus de 15 aléas climatiques et 75 composantes différentes afin d’évaluer les vulnérabilités propres à chaque municipalité. « Chacune a ses propres vulnérabilités différentes », précise la coordonnatrice.

Un outil pour préparer l’avenir
Le Plan climat découle du programme Accélérer la transition climatique locale (ATCL), mis en place par le gouvernement du Québec dans le cadre du Plan pour une économie verte 2030. Il s’inscrit également dans la Stratégie nationale d’adaptation du gouvernement du Canada.
Selon Stéphanie Gravel-Couture, cette approche régionale permet aux MRC d’adapter leurs actions à leurs réalités. « En Manicouagan, on n’a pas nécessairement les mêmes réalités climatiques, les mêmes enjeux que, par exemple, en Montérégie », affirme-t-elle.
Le plan doit notamment permettre d’améliorer la résilience des infrastructures, de protéger la biodiversité et d’aider les municipalités à mieux planifier leur développement. « Ça permet aux municipalités de réfléchir dès maintenant à planifier leur développement en fonction des projections qui ressortiront », ajoute-t-elle.
La MRC souhaite aussi éviter que le document reste théorique. « On veut que ça ne reste pas juste un beau plan tablette. On veut qu’il y ait une réelle portée au niveau collectif », conclut Mme Gravel-Couture. La version finale du Plan climat doit être déposée au gouvernement du Québec d’ici mars 2027.