La Côte-Nord a fait sa renommée en partie avec sa production hydroélectrique, mais une nouvelle ère semble se profiler, tandis que plusieurs promoteurs se tournent vers la région pour produire de l’électricité en troquant les barrages pour des parcs solaires.
Hydro-Québec veut se montrer plus ambitieuse par rapport à l’énergie solaire, affirme Cendrix Bouchard, porte-parole pour la société d’État. D’ici 2035, Hydro-Québec a l’ambition de développer 3 000 mégawatts (MW) d’énergie solaire au Québec. Un appel d’offres pour l’acquisition d’un bloc de 300 MW d’énergie solaire photovoltaïque s’est conclu récemment.
Parmi les promoteurs qui ont déposé un projet, on retrouve les conseils de Uashat mak Mani-utenam et de Mashteuiatsh. Les deux entités se sont unies pour un projet de parc solaire 100 % communautaire à Sept-Îles. Le parc aurait une capacité de 4,9 MW. Le terrain ciblé est situé sur la rue Alban-Blanchard, dans le secteur de la Pointe-Noire.
Développement PEK, un organisme à but non lucratif détenu par le conseil de Mashteuiatsh, a été mandaté pour concevoir le projet de parc solaire. L’organisme est spécialisé dans l’élaboration et la gestion de projets énergétiques communautaires.
« On se lance dans le développement de l’énergie solaire, étant donné que c’est le premier appel d’offres de l’histoire du Québec. On pense que c’est le moment idéal pour se placer dans l’industrie et développer cette nouvelle filière avec les communautés », affirme Oscar Urbina, directeur pour Développement PEK.
De nombreux projets sont sur la planche à dessin pour la création de parcs solaires sur la Côte-Nord. La Haute-Côte-Nord a été ciblée par le producteur d’énergie renouvelable Innergex. L’entreprise a un projet de parc solaire d’une capacité de 20 MW sur un site qui serait situé entre Les Escoumins et Les Bergeronnes.
La Minganie est aussi touchée par cet engouement. Le Groupe Axor a manifesté son intérêt pour des sites en Minganie.
Hydro-Québec devrait faire l’annonce des projets retenus en 2027. Les nouveaux projets devront être raccordés au réseau intégré d’Hydro-Québec au plus tard en décembre 2029.
Potentiel solaire
Croire que le Québec, territoire habitué de connaître des températures froides, ne serait pas un espace favorable à l’énergie solaire serait faux. Dans un guide déposé en 2025, Énergie solaire Québec, un organisme sans but lucratif qui fait la promotion de l’énergie solaire, écrit que « le Québec bénéficie d’un ensoleillement relativement favorable ». À titre comparatif, la province a 20 % plus d’ensoleillement que l’Allemagne, mais ce pays européen a une capacité solaire installée qui aurait pu fournir près de 20 % de la production nationale d’électricité en 2024.
« Oui, il y a un avenir pour l’énergie solaire au Québec », ajoute Oscar Urbina.
L’énergie solaire représenterait une voie de développement des plus intéressantes pour augmenter la production d’Hydro-Québec. À l’échelle mondiale, le coût de l’énergie solaire a diminué de plus de 90 % au cours des 15 dernières années, et devrait chuter d’encore environ 40 à 55 % d’ici 2035, affirme Cendrix Bouchard, porte-parole d’Hydro-Québec.
Autre élément pour favoriser le développement de l’énergie solaire, c’est qu’il est complémentaire avec l’hydroélectricité, source principale d’énergie de la société d’État.
« L’énergie solaire représente une excellente complémentarité avec le réseau d’Hydro-Québec, et ce, même si elle n’est pas disponible lors des périodes de pointe hivernales en raison de la noirceur. Elle permet de conserver l’eau dans les réservoirs de nos centrales hydroélectriques, pour ensuite l’utiliser lors des périodes où la demande est plus élevée », indique M. Bouchard.