Face à la hausse persistante du coût de l’alimentation, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, promet d’interdire la « tarification de surveillance » dans les épiceries québécoises. Il souhaite également s’attaquer aux règles qu’il juge responsables d’un manque de concurrence dans le secteur alimentaire.
Le coût du panier d’épicerie demeure une préoccupation majeure pour de nombreux ménages québécois. Dans une déclaration publiée cette semaine, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a annoncé qu’un éventuel gouvernement péquiste déposerait un projet de loi visant à interdire la tarification dynamique dans les épiceries.
Le député de Camille-Laurin soutient que les consommateurs québécois subissent déjà de plein fouet la hausse des prix alimentaires. Selon lui, le coût du panier d’épicerie pour une famille de quatre personnes a augmenté de 27 % au cours des cinq dernières années et devrait encore grimper d’environ 1 000 $ en 2026.
Plus particulièrement, le chef péquiste s’inquiète de l’émergence possible de la « tarification de surveillance », une pratique qui consiste à utiliser les données recueillies auprès des consommateurs afin d’ajuster les prix en temps réel à l’aide d’étiquettes électroniques.
« C’est l’utilisation des données récoltées sur ses clients pour ajuster les prix en temps réel sur les étiquettes électroniques. L’heure où l’achat est effectué, les types de produits préférés, tout est susceptible désormais d’influencer le coût d’une marchandise ou d’un service », affirme-t-il.
Paul St-Pierre Plamondon compare cette pratique à celle déjà observée dans certains secteurs, notamment l’hôtellerie et le transport aérien, où les prix peuvent varier selon la demande ou le comportement des utilisateurs en ligne.
Selon lui, l’application d’un tel modèle dans le domaine de l’alimentation soulève d’importantes préoccupations. « La tarification de surveillance n’a rien à voir avec le libre marché. Elle utilise nos données contre nous », soutient-il.
Le chef du Parti Québécois estime que cette approche pourrait notamment permettre à des commerçants d’augmenter les prix à certains moments de la journée ou de la semaine en fonction de l’achalandage, ou encore selon les habitudes d’achat des consommateurs.
Au-delà de cette question, Paul St-Pierre Plamondon affirme vouloir s’attaquer aux causes structurelles qui, selon lui, contribuent à maintenir les prix élevés. Il pointe notamment du doigt certaines règles encadrant l’implantation des commerces alimentaires et juge que la réglementation actuelle freine la concurrence.
« Le vrai problème du secteur de l’alimentation est sa réglementation lourde, rigide et désuète, qui décourage la concurrence et l’émergence de nouveaux joueurs », croit-il.
Le Parti québécois propose notamment d’attirer de nouveaux détaillants sur le marché québécois et de revoir certaines dispositions réglementaires qu’il considère comme des obstacles à la concurrence.
« La nourriture n’est pas une marchandise comme les autres; c’est un bien de première nécessité », conclut le chef péquiste.
Cette proposition s’ajoute aux engagements du PQ en matière de protection du consommateur et de lutte contre la hausse du coût de la vie, un enjeu qui devrait demeurer au cœur des débats politiques au cours des prochains mois.