Pêche à fascine à Baie-Sainte-Catherine: un pan d’histoire renaît dans le fleuve
L'an prochan, cette structure de 30 pieds s'allongera pour atteindre 120 pieds et capturer ses premières prises. Photo Elise Dubuc
Mathieu Ouellet caresse un rêve un peu fou : faire revivre la pêche à fascine de sa famille sur la rive du fleuve dans le secteur de Pointe-aux-Alouettes, à Baie-Sainte-Catherine.
Début juin, il a franchi une nouvelle étape de son projet en installant une “ portion d’essai ” de pêche à fascine, selon la méthode traditionnelle et avec l’aide de quelques-uns de ses proches ayant connu la belle époque de la pêche.

“ Le but est de faire les pratiques avec mes oncles, mon père, de me familiariser avec les manières ancestrales de monter la fascine, de tisser les branches entre les poteaux comme mon grand-père le faisait jusqu’en 1993. Là, j’ai fait une petite pêche de 30 pieds. Si elle tombe, c’est moins pire que quand l’ouvrage fera 120 pieds ”, illustre M. Ouellet en riant.

De rares permis de pêche à fascine commerciale subsistent dans la province et au pays, dont celui de Pêcheries Charlevoix à Saint-Irénée et celui de Robert Mailloux à L’Isle-aux-Coudres.
Devant la quasi-impossibilité d’obtenir ce type de permis qui lui permettrait de vendre ses prises pour la consommation humaine, Mathieu Ouellet a plutôt choisi la voie de la science et de l’éducation pour aller chercher les autorisations nécessaires à son projet. Un permis provincial de type SEG (à des fins scientifiques, éducative et/ou de gestion de la faune) lui a été accordé, ainsi qu’une autorisation fédérale temporaire pour la première phase.
Aucun poisson ne sera capturé dans l’ouvrage cette année. La structure sera d’ailleurs démontée à l’automne. Dès 2027, le marin, qui a pris une année sabbatique pour se concentrer sur son projet, souhaite contribuer à la recherche dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent et dans le futur parc de la Côte-de-Charlevoix.

“ Dès l’an prochain, je pourrai faire de l’échantillonnage, prélever ou taguer des spécimens, au nom de la science et en collaboration avec la communauté scientifique qui est très enthousiaste ! Moi je suis pêcheur artisan, pas scientifique, mais on va collaborer. ”
La pêche à fascine de Baie-Sainte-Catherine se trouve dans l’habitat du béluga du Saint-Laurent. Le parc marin Saguenay–Saint-Laurent est au courant de la démarche et plusieurs chercheurs s’intéressent aux données qui pourraient être recueillies grâce à cette initiative.

“ Il s’agit avant tout d’un projet d’étude et d’apprentissage visant à mieux comprendre ce patrimoine maritime et son potentiel dans le contexte actuel ”, conclut Mathieu Ouellet.
À terme, il espère partager sa “ fascinante ” passion avec les jeunes des écoles de la région et les visiteurs et ainsi faire connaître cette pêche traditionnelle qui lui a offert quelques-uns de ses plus beaux souvenirs d’enfance…