Nouvelles aires protégées dans la Manicouagan : la Région de biosphère garde le cap
La RBMU a plusieurs atouts en main pour contribuer à la création de nouvelles aires protégées. David Béland.
30 % en 2030, voilà l’ambitieux plan de Québec pour la protection des milieux naturels. Partout dans la province, groupes, municipalités et citoyens ont été invités, il y a plus d’un an, à déposer des propositions d’aires protégées. Après un premier dépôt, la Région de biosphère Manicouagan-Uapishka (RBMU) est retournée à la table à dessin pour obtenir l’aval de la MRC de Manicouagan (RBMU), une condition sine qua non pour passer à la prochaine étape.
La proposition, remaniée, a été présentée au conseil des maires qui a donné son appui à l’analyse des projets proposés par voie de résolution.
« En fait, ce qui était demandé aux élus, ce n’était pas “êtes-vous en faveur ou en défaveur de tel projet d’aire protégée”, mais plutôt, “pensez-vous que ça vaille la peine qu’on investisse du temps pour évaluer le potentiel de ces secteurs ?” Lors du premier dépôt, en 2024, la MRC avait des questionnements et avait pris la décision de ne pas se positionner ni en faveur ni en défaveur. Là, ce qu’on a déposé, on l’a retravaillé ensemble pour arriver à une proposition concertée », indique Carol-Anne Tanguay, directrice du développement stratégique à la RBMU.
Un processus d’échange avec les professionnels de la MRC a permis, notamment, d’évaluer si les projets présentaient des « éléments majeurs d’incompatibilité avec les schémas d’aménagement et autres outils de gestion du territoire ».
Au final, les propositions reposent sur « une analyse multicritère du potentiel de conservation. »
« Les équipes professionnelles de la RBMU et de la MRC ont collaboré pour croiser ces analyses avec les outils d’aménagement du territoire. Cette analyse inclut, par exemple, la connectivité des habitats et les services écosystémiques, soit les fonctions remplies par les milieux naturels proposés pour nous garantir la qualité de l’eau, la captation de carbone, mais aussi des dimensions comme le potentiel récréotouristique », avance Eve Ferguson, directrice des communications de la RBMU.
Plusieurs étapes devront être franchies et il est peu probable que l’ensemble des propositions obtiennent des statuts d’aires protégées.
Sur les 7 secteurs présentés, un seul, celui de Godbout, n’a pas survécu à la refonte. « Ce secteur aurait demandé des analyses plus approfondies et ce n’était pas possible pour la MRC de le faire. C’est un secteur qui jouit d’une certaine protection, il y a déjà une aire protégée », rappelle Mme Tanguay.
Les 6 secteurs d’intérêt qui obtiennent le go pour passer à la prochaine étape sont ceux de l’île René-Levasseur (136 556 hectares), du Réservoir Outardes (53 458 he), de la Forêt ancienne Manicouagan (31 805 hectares), du Lac Berté (24 286 hectares) et de la rivière Manicouagan (11 580 hectares), ainsi que les îles au sud du réservoir Manicouagan (13 096 hectares). Si tous ces secteurs devaient obtenir le statut d’aire protégée, le territoire protégé dans la MRC ferait un bon de 6 %.
Si certains projets vont de l’avant, la RBMU pourrait être un acteur majeur de leur mise en place.
« Pour les territoires qui seront reconnus comme tels, il y a lieu de savoir que la région dispose déjà d’une expérience de longue date en gouvernance collaborative d’aires protégées, dont on pourrait s’inspirer pour faire vivre ces milieux naturels, au-delà de la ligne sur la carte », estime Eve Ferguson.