La grève générale illimitée des ingénieurs du gouvernement du Québec commence à avoir des répercussions concrètes sur la Côte-Nord. Trois projets d’infrastructures dans la région sont désormais retardés, soit à Fermont et dans les communautés innues d’Ekuanitshit et d’Unamen Shipu.
Dans trois lettres datées du 3 août et adressées aux élus municipaux et aux chefs des communautés concernées, le président de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ), Marc-André Martin, soutient que le conflit de travail, amorcé le 6 juillet, entraîne déjà des retards dans plusieurs dossiers nécessitant l’intervention d’ingénieurs de l’État.
Selon l’association, près de 1 900 ingénieurs sont en grève après plus de trois ans de négociations pour le renouvellement de leur convention collective. Elle rappelle également que le Tribunal administratif du travail a récemment conclu que le gouvernement avait manqué à son obligation de négocier de bonne foi.
À Fermont, l’APIGQ indique que les travaux de construction de la structure P-20037 sur la route 389, au kilomètre 553, sont actuellement à l’arrêt. Ce chantier fait partie du projet de reconstruction de la route entre Fire Lake et Fermont.
L’association prévient que si la grève se prolonge, les travaux pourraient être reportés à 2027.
À Ekuanitshit, c’est le projet de reconstruction d’un poste de pompage qui serait touché. L’APIGQ explique que l’autorisation environnementale ne peut être délivrée en raison de la grève des ingénieurs responsables de l’analyse du dossier.
Si le conflit se poursuit, cette autorisation ne pourrait être émise avant la fin de l’automne 2026, ce qui entraînerait des délais dans la réalisation des travaux.
À Unamen Shipu, l’association évoque un scénario similaire pour le projet d’augmentation de la capacité des étangs aérés. Les ingénieurs responsables de l’autorisation ministérielle étant également en grève, l’APIGQ estime qu’il sera difficile d’obtenir le feu vert nécessaire cet automne, ce qui pourrait repousser la réalisation du projet à 2027.
Dans ses lettres, Marc-André Martin soutient que les ingénieurs ne réclament pas de traitement particulier, mais « le même traitement que celui déjà accordé à la vaste majorité des autres employés de l’État ». Il ajoute qu’« accepter moins reviendrait à institutionnaliser une iniquité que rien ne justifie ».
Le président de l’APIGQ invite également les élus et les dirigeants des communautés à intervenir auprès du gouvernement afin de favoriser un règlement rapide du conflit.
Il soutient que « le différend qui nous sépare représente moins de 15 millions de dollars en masse salariale », alors que les retards de chantiers, les reports de projets et les impacts économiques « risquent de se chiffrer en milliards de dollars pour le Québec ».
