Selon un récent sondage Léger réalisé pour l’Association minière du Québec (AMQ), une majorité de Québécois estime que les redevances minières devraient bénéficier en priorité aux communautés qui accueillent les projets d’exploitation. Une opinion encore plus marquée sur la Côte-Nord, où sept répondants sur dix appuient cette approche.
Un sondage Léger commandé par l’AMQ et publié en mai 2026 révèle que 64 % des Québécois jugent préférable que les redevances minières soient principalement versées aux communautés locales plutôt qu’au gouvernement du Québec. Sur la Côte-Nord, cette proportion grimpe à 70 %.
Des besoins bien réels
Pour l’AMQ, « l’industrie minière demeure un moteur économique important pour le Québec et contribue aux finances publiques québécoises ».
Celle-ci ajoute qu’un projet minier nécessite la présence de logements, d’infrastructures, de services publics et de milieux de vie capables d’accueillir les travailleurs et la croissance économique qui l’accompagne.
« Dans ce contexte, la question du partage des retombées associées à l’activité minière demeure un enjeu important pour plusieurs collectivités d’accueil », peut-on lire.
Le sondage survient alors que les redevances minières versées au gouvernement du Québec demeurent importantes : les sociétés minières ont remis 477,7 millions de dollars à l’État en 2024.
Ces redevances concernent les minéraux tels que le fer, l’or, et tous les minéraux dits « critiques et stratégiques », utilisés dans la fabrication de batteries, de téléphones intelligents ou encore nécessaires aux applications de défense nationale.
Cette même année, les entreprises minières présentes sur la Côte-Nord ont payé plus de 156 M$ en redevances. Dans cette somme, 84 M$ ont été imposés à la mine de fer de Mont-Wright, 43 M$ à la mine du Lac Bloom, 2 millions à l’entreprise qui exploite les terres près du Lac Tio, 27 M$ à la mine située à Fire Lake et 216 000 au gisement Goodwood.
Les redevances minières sur les substances minérales de surface ont quant à elle représenté plus de 408 000 dollars en 2024 sur la Côte-Nord. Il s’agit, par exemple, du sable et du gravier pour la construction de routes, de la pierre concassée pour les chantiers ou encore du granit ou d’autres pierres de carrière destinés à la construction.
Une connaissance limitée
L’enquête révèle toutefois que le fonctionnement des redevances minières demeure mal connu du grand public. Seulement 15 % des Québécois affirment bien comprendre ce que sont les redevances, tandis que près de huit répondants sur dix reconnaissent en avoir une connaissance limitée.
Si on se penche sur la définition, le gouvernement du Canada nous apprend qu’une redevance minière est un prélèvement payé par les entreprises d’exploitation minière au gouvernement provincial. Ces redevances compensent l’extraction des ressources naturelles non renouvelables qui sont considérées comme un bien commun, selon le préambule de la Loi sur les mines.
Un débat qui continue
La question du partage des redevances minières fait régulièrement l’objet de débats dans les régions ressources, notamment sur la Côte-Nord, où plusieurs élus réclament depuis des années une redistribution plus importante afin de financer les infrastructures, le logement et les services nécessaires à la croissance des communautés minières.
Fermont, notamment, a élevé la voix à plusieurs reprises ces dernières années pour demander un changement dans la façon dont les redevances minières sont redistribuées.
Cette municipalité du nord du Québec compte près de 2 300 résidents permanents. Pourtant, des milliers de travailleurs temporaires s’alternent constamment dans les grands projets miniers, alors que la municipalité aimerait offrir plus de services et de logements pour attirer davantage des familles, mais n’en a pas les moyens.
« Si c’est uniquement des travailleurs en navettage, on ne parle malheureusement plus de communauté, mais bien de campement de travailleurs », avait témoigné le directeur général de la Ville de Fermont, Claude Gagné, dans un article de Radio-Canada écrit par Nicolas Bougeard.
Toujours dans ce même article, on apprend que les redevances perçues auprès de l’ensemble des minières de la MRC de Caniapiscau, où se situe Fermont, se sont élevées à plus de 206 M$ en 2023, alors que les montants reversés à la MRC eux représentent 288 000 $.
Avec ces redevances on pourrait bâtir un pont à Tadoussac.