Chaque semaine, le Journal se penche sur un enjeu régional qui touche les électeurs de la circonscription de René-Lévesque. Les candidats rencontrés sur le terrain seront questionnés à ce sujet. Cette semaine : l’aide aux entreprises et aux PME de la région dans le contexte économique actuel.
La guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada fait craindre une hausse des coûts pour les entreprises et les consommateurs. Quelles mesures concrètes votre parti prendrait-il pour protéger les emplois et l’économie de la Côte-Nord ? De plus, comment Québec peut-il aider une PME de Baie-Comeau, des Escoumins ou ailleurs dans la région à rester en vie et même à se développer ?
Odette Lavigne, Parti québécois
La candidate du Parti québécois veut alléger le fardeau fiscal. « Un gouvernement du Parti québécois sera pro entreprise. On est dans une logique de recentrage vers la PME québécoise. On a annoncé une réduction historique du fardeau fiscal », fait savoir Odette Lavigne.
L’allégement du fardeau fiscal et administratif est une solution pour aider à long terme les plus petites et plus grandes entreprises de la région, dit-elle.
« On voit que nos PME québécoises font face à une certaine lourdeur réglementaire et fiscale, qui est croissante et qui freine leur capacité à investir, à innover et à traverser les périodes d’incertitudes économiques », soutient-elle.
La diversification des marchés est aussi au cœur des solutions pour la péquiste.
« La mesure qu’on met de l’avant, c’est de défiscaliser tout nouveau revenu vers de nouveaux revenus d’exportation », lance la candidate.
L’objectif, selon elle, est de « donner une chance de se développer à l’international ».
Mme Lavigne parle aussi d’aides « ponctuelles et ciblées », pour les secteurs les plus touchés dans le contexte économique actuel.
Elle veut enlever de la « pression » aux entreprises de la région, précisant aussi être à l’écoute des besoins en immigration pour les travailleurs étrangers.
Kevin Grenier, Démocratie directe
Il faut miser sur le développement local et l’exploitation des ressources, dit Kevin Grenier, candidat pour Démocratie directe.
« On est une des plus grosses régions administratives au Québec, qui a le plus de minerais. On pourrait faire les première, deuxième et troisième transformations nous-mêmes, plutôt que d’envoyer ça outremer », dit-il.
Avec son emplacement le long du fleuve Saint-Laurent, Kevin Grenier croit que la Côte-Nord peut être davantage compétitive. Elle pourrait aussi aller chercher de meilleures redevances.
« On a des ressources à ne plus savoir quoi en faire. Pourquoi ne pas les exploiter et avoir les redevances ? On a le moyen d’être entreprenant et d’être fort, mais on ne le prend pas »,déclare-t-il.
Par ailleurs, le candidat est d’avis que les entrepreneurs de la région manquent d’aide. Selon lui, les subventions du gouvernement ne sont pas une solution miracle.
« Pour avoir été entrepreneur moi-même, on est tellement étouffé par toutes les taxes et tous les règlements. Si on pouvait donner un allègement fiscal », soutient-il.
Dans le cadre actuel, pour lui, le gouvernement « n’est pas à l’écoute des employeurs » sur le terrain. Une réorganisation serait nécessaire pour alléger le fardeau des entreprises dans leur fonctionnement, dit-il.
Philippe C.-Boudreau, Québec solidaire
Alors que l’industrie du bois souffre de la guerre tarifaire, soutient le candidat solidaire Philippe C.-Boudreau, il avance des engagements en matière de logements.
« On veut intégrer davantage de bois dans nos édifices au Québec, dans la construction résidentielle, commerciale et institutionnelle. C’est une mesure de soutien qui est importante », souligne-t-il.
« Toute la production des ressources naturelles peut être soutenue en grande partie par la demande intérieure. On sait que nos infrastructures ont besoin de grands investissements présentement, on peut prendre le retard en soutenant la demande », ajoute le candidat.
Le Baie-Comois rappelle que son parti, Québec solidaire, propose 2 milliards $ sur deux ans pour aider les entreprises du Québec. « On veut soutenir la production. »
Selon lui, ce sont des dépenses qui vont permettre de soutenir l’industrie. Philippe C.-Boudreau soulève par ailleurs qu’il y a de la sensibilisation à faire pour se défaire les marchés américains, non seulement pour l’exportation, mais aussi pour la consommation.
« On ne peut pas obliger les gens à ne pas acheter américain, mais c’est sûr qu’on peut s’assurer de faire comprendre la portée du geste au quotidien », avance-t-il.
Parmi les autres mesures que Québec peut adopter, surtout pour aider la main-d’œuvre, ce dernier cite en exemple la hausse du salaire minimum.
Yves Montigny, Coalition avenir Québec
Pour le candidat de la Coalition avenir Québec, Yves Montigny, il est primordial d’aider les entreprises, de manière générale, avec les travailleurs étrangers.
« Ce que les entreprises me disent, c’est que l’idée de fou de couper de moitié les travailleurs étrangers, qu’amène un des partis, c’est une catastrophe », lance-t-il.
Pour le candidat, il faut tout faire pour garder la main-d’œuvre. « Imaginez, dans une entreprise de soudure, si on coupait de moitié ses soudeurs, ça n’a aucun sens. Ils sont déjà affectés par les tarifs, ils sont en plus dans les tarifs sur l’acier. Là, on couperait de moitié les travailleurs étrangers, ça n’a aucun sens. »
Concernant les tarifs, Yves Montigny se désole de voir la situation causée par le président américain. « Il est épouvantable, il a fait perdre des emplois à du monde réel. »
« Ça m’a profondément irrité, quand je pense aux gens de Forestville qui ont perdu leur emploi dans le secteur forestier […] et que j’entendais le Parti québécois dire qu’on agitait un épouvantail Trump, ce n’est pas vrai », poursuit-il concernant les sorties médiatiques de son parti sur Donald Trump.
Il s’agit pour lui d’un enjeu bien réel et mentionne que cela a affecté la Scierie des Outardes ainsi que toute possibilité de relance.
Selon lui, il faut entre autres, bonifier l’équipe tactique mise en place pour aider les entreprises à se trouver des nouveaux marchés, ailleurs au Canada ou en Europe.