Gilles Beaudin: « la vie moderne nous sape rapidement »

Gilles Beaudin: « la vie moderne nous sape rapidement »

Gilles Beaudin a commencé à enseigner le bouddhisme à Baie-Comeau au début des années 2000, après s’être formé auprès du Centre Kadampa de Montréal.

Crédit photo : Journal Le Manic

Baie-Comeau – Pour trouver sa voie, il lui aura d’abord fallu se perdre. En cela, Gilles Beaudin n’est ni le premier, ni le dernier. Mais, ouvrir un centre bouddhiste à Baie-Comeau, il fallait oser.

Tout commence entre les années 70 et 80, entre période hippie et période pop. Peu importe la musique en fond sonore, le Baie-Comois Gilles Beaudin s’ennuie ferme dans sa petite ville industrielle. « Toute cette jeunesse-là des années 70 à Baie-Comeau, on avait un vide culturel. Il y a une partie de gens allumés qui ont commencé à se lancer dans le théâtre, la musique, mais, en général, on avait tous des problèmes de consommation. On essayait de combler un vide avec quelque chose, c’était plate, il y avait juste ça a faire, consommer », raconte-t-il.

Chez lui, ce vide prend les contours d’une descente aux enfers. Alcool et drogues, tout y passe, jusqu’à toucher le fond. « Moi j’ai vécu ça, puis, j’ai réalisé que c’était nuisible, surtout quand tu commences à avoir des enfants. Donc j’ai fait l’effort de me sortir de là, j’ai cessé de boire. Ça a été une grosse démarche intérieure parce qu’il a fallu que je comprenne pourquoi je buvais. Il a fallu que je sois capable de vivre mes émotions et de les comprendre, au lieu de les étourdir », témoigne l’homme.

Le bouddhisme

Après un an de sobriété, Gilles Beaudin s’offre un voyage au Népal. À l’époque, il sait déjà que la spiritualité doit prendre une place importante dans sa vie. Méditation, spiritualités new age et ésotérisme, il a déjà donné et n’y a pas trouvé la sérénité. Une fois sur place, la magie de l’Himalaya opère. « Il y avait des centres bouddhistes dans tous les villages et cela me parlait, cela m’émouvait, même », raconte-t-il.

De retour au Québec, notre homme se tourne vers le Centre de Méditation Kadampa de Montréal et décide d’y prendre des cours par correspondance. Au début des années 2000, il commence à enseigner chez lui, puis, son ami Claude Soucy accepte de lui louer le local actuel, au 114 boulevard LaSalle.

Une secte?

M.Beaudin comprend que beaucoup de préjugés continuent de courir sur son activité, mais il voit  les enseignements bouddhistes comme une façon simple et honnête de faire face aux défis de la vie. « On parle du fonctionnement de notre esprit. Quelles pensées nous aident à être heureux, quelles pensées nous nuisent […] À partir du moment où les gens reçoivent cet enseignement, ils comprennent ce qu’on fait et il y a une confiance qui s’installe », pense-t-il.

L’homme insiste sur le fait que la contribution exigée pour les cours ne sert qu’à payer la location du local. Lui-même n’est pas rémunéré. Ce n’est que depuis qu’il a été admissible à la retraite anticipée par Alcoa qu’il se consacre à temps plein à  ses cours « Ce qu’il faut comprendre c’est que chaque enseignant n’enseigne que ce que son guide lui a appris, ce n’est vraiment pas autodidacte […]  Mon enseignement, je l’ai essayé et je me suis cassé la gueule. C’est pourri mon enseignement », avoue-t-il avec humour.

Trouver la paix

Selon Gilles Beaudin, le bouddhisme permet plus qu’une autre religion de trouver la paix. « Normalement toutes les vraies religions devraient nous amener à améliorer notre capacité de vivre avec les autres. Ce que Jésus a enseigné c’est « aimez-vous les uns les autres ». Le problème c’est qu’on manipule les gens avec la religion à des fins politiques », croit-il.

Dans une société consumériste telle que la nôtre, la méditation bouddhiste lui semble un outil idéal pour calmer « tout ce vacarme », mais Gilles Beaudin reconnait que c’est un travail de longue haleine. « La vie moderne nous sape rapidement. On court après le travail, on éduque nos enfants. Le soir, on est brûlé donc on regarde la télé. Ça demande un effort de prendre du temps, ça demande de résister à la tendance des distractions »,  admet-il.

Alors, pourquoi  s’imposer une telle discipline? « Si notre esprit est paisible, même si les conditions sont difficiles, on n’aura pas de problèmes. On peut avoir un défi mais on n’aura pas de problèmes », assure l’enseignant. Les cours ne sont pas «satisfait ou remboursé», mais il est possible de ne venir qu’une fois, pour essayer.

1
Poster un Commentaire

avatar
1 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
1 Comment authors
Lucas Pelletier Recent comment authors
Lucas Pelletier
Invité
Lucas Pelletier

Super inspirant Gilles ! C’est vrai que c’est pas facile de s’éloigner des distractions (qui sont partout !!) mais à chaque fois que j’réussi et prends le temps de méditer et d’Intégrer les enseignements Bouddhistes dans ma vie j’en ressens de grands bienfaits… un peu comme quand on va au gym (quand c’est pas une routine bien acquise) : ça ne nous tentent pas mais après coup on se sent super bien et on se dit “faut refaire ça plus souvent” Et puis, ce qui est génial avec les enseignements Bouddhistes c’est qu’une fois qu’on en a eu, pas besoin… Read more »