Les agressions physiques, un gros problème en CHSLD

Les agressions physiques, un gros problème en CHSLD

La maladie d'Alzheimer et les autres démences sont associées à des troubles de comportement qui peuvent mener à des agressions physiques à l'égard du personnel des CHSLD, admet Dyane Benoît, porte-parole du CISSS de la Côte-Nord. On aperçoit ici le CHSLD Boisvert à Baie-Comeau. Photo archives Le Manic

Baie-Comeau – Les agressions physiques perpétrées par des résidents en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) à l’égard du personnel bondissent. Un crachat en plein visage ici et là-bas, un bras serré au point de laisser des ecchymoses, les exemples sont nombreux et dénoncés depuis plusieurs mois par les syndicats auprès du CISSS, notamment lors des séances du conseil d’administration.

La situation est telle que le Syndicat des infirmières et infirmiers du nord-est québécois (SIISNEQ), qui représente les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes de la Côte-Nord, vient de demander l’intervention de la Commission sur les normes, l’équité, la santé et la sécurité du travail (CNESST).

Selon sa présidente, Nathalie Savard, le syndicat réclame depuis un certain temps auprès du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord la tenue d’un comité de relations de travail pour discuter de la problématique. Elle veut que des mesures soient mises de l’avant pour changer la donne et assurer la santé et la sécurité de ses membres, des autres employés et même des autres bénéficiaires

« De la violence, il y en a entre les bénéficiaires et envers le personnel », indique Mme Savard, ajoutant avoir vu des photos qui en disent long sur les agressions.

De plus en plus hypothéqués

L’augmentation du nombre d’agressions physiques faites par des personnes âgées, souvent atteintes de la maladie d’Alzheimer ou autres démences, pourrait s’expliquer par le fait qu’elles soient grandement hypothéquées à leur arrivée en centre d’hébergement puisqu’elles demeurent à domicile plus longtemps qu’avant.

Le SIISNEQ affirme aussi que le déploiement du nouveau programme provincial OPUS, concernant la médication des résidents, pourrait être une autre explication. « On diminue les antipsychotiques et on compense par les narcotiques. Ce n’est pas qu’on est contre le principe, mais il ne faut pas que les personnes se fassent agresser pour ça », indique Mme Savard.

Voilà quelques semaines, au CHSLD Boisvert, le niveau d’agressivité d’un résident a été tel que la police a dû être appelée afin que la personne âgée puisse être maîtrisée. « Le patient était agressif et le personnel ne savait plus quoi faire », ajoute la présidente.

Réactions du CISSS

La directrice du programme de Soutien à l’autonomie des personnes âgées, Dyane Benoît, admet que les gestes de violence posés par la clientèle sont plus fréquents. La violence n’est d’ailleurs pas l’apanage de la Côte-Nord, mais est répandue au Québec, précise-t-elle.

« C’est sûr que la clientèle s’est alourdie. Elle est plus en perte d’autonomie et en pertes cognitives, comme avec l’Alzheimer. Souvent, c’est associé à des problèmes de comportement », explique-t-elle.

Mme Benoît rappelle l’existence d’une formation en lien avec symptômes comportementaux et psychologiques de la démence, qui offre au personnel des mesures d’intervention afin d’éviter les agressions. « Oui, il y a une augmentation, car la clientèle est plus lourde. Il faut avoir des stratégies pour protéger notre personnel (et les autres résidents) », dit-elle.

Selon elle, un comité de travail en place pour développer des stratégies conjointes doit commencer ses travaux cette semaine. L’une des mesures envisagées par le CISSS est de regrouper dans un secteur particulier les résidents susceptibles de présenter des comportements agressifs.
La directrice invite les employés victimes de violence à le déclarer à chaque fois en remplissant le formulaire nécessaire. « Actuellement, on a reçu très peu de déclarations. Oui, il y en a eu (gestes de violence), mais ils ne sont pas tous déclarés », dit-elle.

Et quant à l’événement survenu au CHSLD Boisvert il y a quelques semaines, elle souligne que le résident a été transporté à l’hôpital par les ambulanciers et qu’il y a passé quelques jours. Les policiers ont accompagné les ambulanciers, précise-t-elle.

La médication

En ce qui touche le projet concernant une nouvelle approche dans la médication de la clientèle, la porte-parole du CISSS note que son déploiement est national et se fait progressivement à travers le Québec. À Baie-Comeau, il est en place sur une seule aile du CHSLD Boisvert et pas encore au CHSLD N.-A.-Labrie.

La nouvelle façon de faire en matière d’antipsychotique fait suite à des études ayant démontré que certaines molécules contenues dans les médicaments donnés aux personnes âgées leur étaient néfastes. « Il est démontré qu’au Québec, on utilise 50 % de molécules néfastes, contre 20 % au Canada », poursuit Diane Benoît. Dans d’autres pays, leur recours est encore moindre.

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1 Commentaire sur "Les agressions physiques, un gros problème en CHSLD"

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diane roy
Invité
diane roy

il leir enleve les médicaments s’est le personnel et les autres résident qui payent pour entendre qu’elqu’un crier toute la journ. pas facile on a juste le gout de l’étouffer on se fout desrésidents cela change quoi pour eux les médicaments