Cryptomonnaie : Bitfarms lorgne Baie-Comeau plus que jamais

Cryptomonnaie : Bitfarms lorgne Baie-Comeau plus que jamais

Pierre-Luc Quimper, le fondateur de Bitfarms, confirme que ses visées pour Baie-Comeau en 2019 demeurent les mêmes. Il poursuit ses négociations avec Hydro-Québec pour l’obtention des 200 MW dont il a besoin. Photo courtoisie

Baie-Comeau – L’entreprise Bitfarms a beau avoir annoncé la semaine dernière des investissements de 250 M$ pour l’implantation de trois sites de chaines de blocs à Sherbrooke, elle a plus que jamais Baie-Comeau dans sa mire pour un projet plus gros encore en 2019, confirme son président Pierre-Luc Quimper.

L’annonce faite à Sherbrooke a inquiété des gens à Baie-Comeau, qui y ont vu un signe de l’abandon pur et simple du projet prévu chez nous. Or, ce ne serait pas le cas. « La prochaine étape pour nous est à Baie-Comeau, mais avant de faire une annonce, nous devons régler le problème de transport d’électricité, le problème de ligne », indique M. Quimper, en référence à l’approvisionnement en énergie.

Bitfarms a besoin de 200 mégawatts (MW) pour réaliser son projet. L’entente signée avec Hydro-Sherbrooke, le réseau de distribution électrique municipal, représente 98 MW.

Pierre-Luc Quimper négocie directement avec Hydro-Québec pour l’obtention de l’électricité nécessaire à Baie-Comeau. « Hydro-Québec a de l’énergie proche. Les barrages sont là. Pour nous, c’est notre avantage. On préfère utiliser l’énergie près des barrages plutôt que demander à Hydro-Québec de transporter l’énergie dans les grands centres comme Montréal », indique-t-il.

« Nous construisons des centres de calcul, donc, ma proximité des grands centres n’est pas importante », ajoute le fondateur de Bitfarms, pour qui Baie-Comeau demeure « l’endroit idéal » pour le développement de ses affaires.

Cryptomonnaie : un début!

Si Bitfarms lorgne le monde de la cryptomonnaie en ce moment, c’est principalement pour les revenus rapides qui en découleront et lui permettront de franchir les autres étapes de sa croissance.

« C’est très important de comprendre que Bitfarms, ce n’est pas seulement de la cryptomonnaie. C’est l’infrastructure pour le blockchain (chaine de blocs) », indique celui qui prédit dans l’avenir une énorme demande pour supporter les applications reliées à la chaine de blocs, qui permet notamment des transactions sécurisées. Il compare cette technologie au début d’Internet ou encore quand les entreprises de téléphonie construisaient les réseaux de fibre optique pour supporter Internet.

« Voilà notre vision pour Baie-Comeau et pour Bitfarms au Québec », martèle Pierre-Luc Quimper, qui garde confiance de s’entendre avec Hydro-Québec pour l’obtention des 200 MW d’électricité dont il a besoin.

« Je ne vois pas pourquoi Hydro et le gouvernement ne travailleraient pas avec nous pour ce projet. Le gouvernement veut de la valeur créée au Québec dans la technologie et Bitfarms est carrément dans ce créneau », insiste l’homme d’affaires. Il rappelle que son entreprise est québécoise et a des visées beaucoup plus larges que « les compagnies étrangères qui viennent au Québec seulement pour faire du mining et utiliser notre énergie ».

Construction à venir

Si Bitfarms a installé ses pénates à trois endroits dans la ville de Sherbrooke, cette façon de faire n’est pas dans ses plans pour la Manicouagan. « À Baie-Comeau, on va devoir construire, donc, on va pouvoir optimiser notre design. En ce moment, on prend des buildings déjà existants, donc, on a des contraintes de design qu’on doit adapter pour chaque building », explique Pierre-Luc Quimper.

Ce dernier refuse de quantifier l’investissement nécessaire pour son projet à Baie-Comeau. « Je ne peux pas en parler pour l’instant. Nous sommes une compagnie publique. Donc, pour divulguer de l’information comme ça, je dois l’annoncer avant », conclut-il.

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