Les Métaux canadiens se tournent vers le silicium métallique

Les Métaux canadiens se tournent vers le silicium métallique

Le nouveau président des Métaux canadiens, René Boisvert, a levé le voile sur les changements apportés au projet d'usine à Baie-Comeau. Photo Le Manic

Baie-Comeau – Les Métaux canadiens maintiennent le cap sur leur projet d’usine à Baie-Comeau, mais le modifient de façon importante afin d’en maximiser le potentiel de réalisation en vue d’un début des opérations vers la fin de 2021.

C’est ce qu’est venu annoncer au milieu des affaires de Baie-Comeau, mercredi midi, le nouveau président de l’entreprise, René Boisvert. Dès son arrivée en poste en juin, il a convaincu le conseil d’administration de la nécessité d’emprunter une nouvelle voie.

Ainsi, il n’est plus question de produire du ferrosilicium, mais plutôt du silicium métallique à partir du même gisement de silice situé à Saint-Vianney, dans la Matapédia. Pourquoi? Parce que le premier, un produit de commodité utilisé dans l’industrie de l’acier comme additif, est déjà fabriqué en énormes quantités et à des coûts difficiles à concurrencer ailleurs dans le monde, comme en Russie, en Chine et en Malaisie, a expliqué M. Boisvert.

En revanche, le silicium métallique constitue un élément essentiel à l’existence même de certains clients et compte beaucoup moins de producteurs sur la planète. « Il n’y a qu’une vingtaine d’usines dans le monde qui fait ce qu’on veut faire et la moitié est en Chine », a souligné le conférencier de la Chambre de commerce de Manicouagan.

Actuellement, le marché mondial de l’aluminium représente près de 50 % des débouchés pour le silicium.

Un seul four

Autre différence majeure découlant de l’arrivée du nouveau président, le projet des Métaux canadiens devient un peu plus conservateur en passant de deux à un seul four à arc électrique lors l’étape du démarrage. La capacité de production annuelle sera de 18 000 tonnes métriques, alors qu’elle devait se situer à 50 000 tonnes initialement.

Selon M. Boisvert, une production sous les 20 000 tonnes métriques n’est pas soumise aux mêmes règles environnementales. « En y allant avec un seul four, ça nous permet d’y aller avec un certificat d’autorisation, ce qui est moins long à obtenir. Donc, c’est un processus qui va durer peut-être six mois avec deux mois de préparation, au lieu de deux ans avec une étude d’impact », a-t-il mentionné.

Par contre, une phase d’expansion demeure dans l’air. Elle prévoit l’ajout de deux fours. L’entreprise souhaite en réaliser l’étude d’impact et l’étude de faisabilité en 2020, donc avant même le début des opérations à Baie-Comeau.

Calendrier

Les Métaux canadiens lancent cette semaine l’étude de faisabilité de leur projet, tandis que l’étude environnementale devrait être complétée d’ici la fin de 2018.

« Notre objectif, c’est d’avoir en main le certificat d’autorisation et l’étude de faisabilité à l’été prochain », a précisé M. Boisvert, en ajoutant que cela mènerait à la recherche de financement et d’un partenaire stratégique.

Au total, le projet de Baie-Comeau devrait nécessiter des investissements de 150 M$.  L’ancienne mouture faisait davantage état d’un budget de 300 M$.

Environ la moitié des coûts sera allouée à l’achat des équipements, un volet admissible à un programme de crédits d’impôt remboursables de 45 % du gouvernement du Québec.

Pas moins de 75 emplois directs seront créés pour l’opération de l’usine. Dès le début de 2021, une quinzaine d’employés clés seront embauchés afin d’être formés chez un partenaire stratégique à identifier et qui sera inévitablement installé à l’extérieur du Canada, a assuré le président.

Si l’expansion se réalise avec l’ajout de deux fours, autour de 200 travailleurs seraient nécessaires.

Enfin, parmi les enjeux identifiés par le président Boisvert, il y a le prolongement du chemin de fer sur les deux kilomètres manquants entre la gare de triage de la Société du port ferroviaire de Baie-Comeau Hauterive (SOPOR) et ses futures installations du parc industriel Jean-Noël-Tessier, et ce, pour réduire la circulation du transport lourd en zone urbaine.

L’embauche et la formation de la main-d’œuvre ainsi que le financement du projet à compléter représentent d’autres défis.

D’autres détails dans notre édition papier.

 

 

 

 

 

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