«On a vraiment un bel avenir » – Éric Lavoie

«On a vraiment un bel avenir » – Éric Lavoie

Premier Baie-Comois d’origine à la direction générale, Éric Lavoie se dit très fier qu’après 60 ans d’existence, l’aluminerie de Baie-Comeau ait un aussi bel avenir alors qu’en 2013, elle faisait face à tout un mur. Photo Le Manic

Baie-Comeau – L’aluminerie Alcoa de Baie-Comeau fêtera son 60e anniversaire dans quelques jours puisque c’est précisément le 23 décembre 1957 que la toute première coulée d’aluminium a été produite. Atteindre 60 ans aujourd’hui et réussir encore à prendre sa place dans un monde compétitif à l’échelle planétaire, ce n’est pas rien.

« Ce qui nous rend fiers, c’est qu’on a une usine de 60 ans, mais qui est capable de faire face au marché, ce qui n’est pas toujours le cas d’usines qui ont le même âge. On a vraiment vraiment un bel avenir », assure Éric Lavoie, le premier directeur général natif de Baie-Comeau de toute l’histoire de l’aluminerie. Il en rajoute. « On a un très beau futur et je pense que si les gens continuent de travailler ensemble, on va être toujours compétitifs. »

Si l’usine qui a été au cœur de la création du quartier Saint-Georges en 1957 peut aujourd’hui souffler 60 chandelles, c’est notamment parce qu’en 1985 et en 1990, la Société canadienne de métaux Reynolds, alors propriétaire, a choisi d’agrandir et de moderniser ses installations par l’implantation de deux séries de cuves de technologie dite précuite, les séries D et E. « S’ils n’avaient pas investi dans les deux séries précuites, on ne serait pas là aujourd’hui », soutient M. Lavoie.

Mais il y a plus encore. Sans les investissements de près de 300 millions de dollars canadiens consentis par la maison mère d’Alcoa à son usine de Baie-Comeau depuis 2013-2014, on n’en serait pas là non plus, selon M. Lavoie.

Et il y a aussi toutes les réorganisations réalisées au fil des ans pour assurer la compétitivité de l’usine et sa pérennité par le fait même.

La dernière grande réorganisation aura entrainé la fermeture des deux dernières séries de cuves Söderberg toujours en service. Les cuves des séries A et B ont arrêté de produire de l’aluminium en septembre 2013, alors que la série C était devenue silencieuse en 2008.

Se relever et avancer

Les années 2013 et 2014 ont été éprouvantes pour l’usine de Baie-Comeau. M. Lavoie a eu à composer avec l’annonce de la fermeture des séries A et B, mais aussi avec la possibilité d’une fermeture complète de l’aluminerie, alors non rentable. Il a alors eu la responsabilité d’identifier des solutions pour lui permettre de retrouver le chemin de l.a compétitivité.

« Ç’a été annoncé en septembre 2013 et on avait jusqu’au début de 2014 pour finaliser des solutions. (…) Ça été le moment le plus difficile, mais en même temps le moment qui m’a amené le plus de fierté, car ce qu’on a réussi, on l’a fait ensemble avec les gens et j’ai eu un soutien incroyable de tous les employés », rappelle le directeur général.

« En 2013, on faisait face à un mur. On s’est dit qu’il fallait trouver des solutions. C’est le travail d’équipe, c’est le travail avec les employés qui fait que ça donne un moment exceptionnel, car aujourd’hui, le résultat est là », insiste-t-il.

Plan de redressement

Le plan de redressement mis de l’avant visait trois objectifs. Il fallait d’abord réduire les couts de production de 50 M$ pour que l’usine retrouve le chemin de la rentabilité.

En même temps, des investissements de 50 M$ à la fonderie s’imposaient pour améliorer les chances de produire de la plaque, un produit à valeur ajoutée, et également assurer des couts de production les plus bas possible du métal de base grâce à une machine à gueuse, en cas d’absence de demande pour la plaque.

Le troisième objectif touchait l’approvisionnement en anodes en raison de la fermeture de l’usine d’Alcoa à Lake Charles, aux États-Unis. Finalement, l’aluminerie de Baie-Comeau s’est tournée vers le la Chine.

Le marché de la plaque pour l’usine s’est passablement effondré après les investissements pourtant réalisés en vue de sa production à la fonderie. La scission d’Alcoa en deux divisions distinctes n’y a pas été étrangère, mais bonne nouvelle, les choses se replacent pour Baie-Comeau. « Pour refaire la clientèle, ça demande un certain temps, mais là on voit qu’on est en train de percer le marché », se réjouit le grand patron.

Les emplois

L’usine a déjà donné de l’emploi à 2 400 personnes. Ce sommet a été atteint en 1994 et 1995. Lors de l’achat par Alcoa des actifs de la Société canadienne de métaux Reynolds autour des années 1999-2000, la main-d’œuvre a diminué de 21 % du coup, à la faveur du premier programme de départs volontaires de l’histoire de l’usine de Baie-Comeau.

« C’était le début d’une façon de faire qui a été reconduite à quelques reprises pour s’assurer qu’on garde nos jeunes et que ceux qui sont prêts à partir quittent », souligne le directeur général, un ingénieur métallurgique de formation qui a été embauché à l’usine dès la fin de ses études en1989.

Un autre recul majeur a suivi à la fermeture de la série C en 2008 et le nombre d’emplois est alors passé de 1 700 à 1 425. À l’arrêt des séries A et B en 2013, il a chuté à 875. Aujourd’hui, l’usine compte 800 employés. Toutes ces abolitions de postes se sont faites par attrition, tient à préciser M. Lavoie.

Côté production, à l’époque de ses cinq séries de cuves, soit jusqu’en 2007, l’usine produisait 450 000 tonnes métriques d’aluminium. Aujourd’hui, sa capacité de production se situe à 325 000 tonnes métriques.

Le métal de grade de base produit en bloc est destiné la plupart du temps aux entrepôts du London Metal Exchange, situés aux États-Unis. Cette production est destinée à la refonte dans des usines qui vont la mouler en différents produits. La plaque de laminage, elle, est produite en fonction du carnet de commandes des clients. Elle est ensuite transformée dans des laminoirs en feuilles de différentes épaisseurs.

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