D’un gouvernement libéral à un gouvernement caquiste – «Quatre trente sous pour une piastre », selon la CSN

D’un gouvernement libéral à un gouvernement caquiste – «Quatre trente sous pour une piastre », selon la CSN

Le président du Conseil central Côte-Nord de la CSN, Guillaume Tremblay (assis à droite), pose en compagnie d’Agathe Tremblay, Sébastien Lebreux et, derrière, François Tremblay, Verna Jean, Robert Jean, Michel Desbiens et Marc-André Cody.

Baie-Comeau – A-t-on changé « quatre trente sous pour une piastre » en élisant un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) lors des dernières élections générales au Québec? C’est la question que se pose aujourd’hui le Conseil central Côte-Nord de la CSN à la lumière de nombreux engagements du programme caquiste qui lui font craindre le pire pour les travailleurs.

« Moi, je vous dirais que les gens voulaient avoir du changement. Ils voulaient vraiment se débarrasser des libéraux, car ils ont mis la CAQ », a lancé, en substance, le président du conseil, Guillaume Tremblay, devant les médias.

Entouré de représentants de syndicats de la région, M. Tremblay a dit s’inquiéter particulièrement des intentions du premier ministre désigné, François Legault, en matière d’éducation, principalement au chapitre de la taxe scolaire, de la création de maternelles 4 ans et de l’intention qu’il a déjà manifestée d’abolir les commissions scolaires.

Quant à ses déclarations répétées de la campagne à l’effet que sur le plan économique, il souhaite plus d’emplois à 30 $ l’heure, la CSN l’invite plutôt à tout faire pour préserver les emplois qui existent déjà, notamment en militant auprès du gouvernement fédéral contre les surtaxes américaines de 10 % sur l’aluminium et de 25 % sur l’acier, qui restent entières dans le nouvel accord entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

À ce sujet, le président du Syndicat des employés de l’aluminium de Baie-Comeau, Michel Desbiens, rappelle que les États-Unis ont besoin de l’aluminium du Québec puisqu’ils n’en produisent pas assez. Il affirme s’être d’ailleurs laissé dire que les discussions se poursuivaient au chapitre des deux surtaxes et qu’un règlement pourrait survenir incessamment.

La CSN souhaite également que les caquistes ne mettent pas un frein sur l’immigration et qu’ils comprennent que sur la Côte-Nord, l’arrivée de ces gens venus d’ailleurs pourrait permettre de stimuler le développement économique, social et culturel de la région.

« Il faut arrêter d’essayer de trouver le nombre idéal d’immigrants et plutôt s’assurer de vraies mesures d’intégration dans notre région », a lancé Guillaume Tremblay.

La santé prime

Même si tous les dossiers du milieu syndical qui sont concernés par les engagements caquistes sont importants, Guillaume Tremblay considère que le secteur de la santé prime, entre autres parce qu’il s’agit du plus gros ministère du gouvernement.

« On espère qu’il voit les enjeux de santé dans leur ensemble », souligne-t-il, laissant entendre qu’il n’y a pas seulement du côté des infirmières où le bât blesse. « Il faut un investissement massif dans le milieu de la santé », insiste-t-il.

Présidente des travailleurs syndiqués de la catégorie 3 au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord, soit tout le personnel administratif, Verna Jean dit souhaiter que le nouveau gouvernement au Québec permette de « réhumaniser » le secteur de la santé.

« L’ancien gouvernement était en train de détruire notre réseau de la santé. Les gens ne restent plus dans le secteur public », renchérit Sébastien Lebreux, membre de la catégorie 2, qui réunit notamment les préposés aux bénéficiaires et les employés des services alimentaires et de la buanderie.

Selon lui, les embauches ne suffisent pas à compenser le déficit généré par les nombreux départs. Il espère que le gouvernement donne un mandat clair aux employeurs pour régler les négociations locales qui s’éternisent depuis 18 longs mois.

Du positif dans le négatif

Si la CSN souhaite que certaines promesses caquistes ne se réalisent pas, en revanche, il espère le contraire pour d’autres. Cela vaut pour la révision du mode de scrutin.

« On a hâte de voir s’il va tenir cette promesse-là », avoue le président du conseil central. Il se dit tout de même confiant en rappelant que cet engagement a été pris avec la collaboration du Parti québécois et de Québec solidaire.

Comme autre élément positif, Guillaume Tremblay identifie les intentions de décentralisation clairement énoncées par François Legault pendant la campagne.

Elle pourrait toucher certains ministères ou postes clés dans des organismes publics. À ce chapitre, le syndicaliste verrait bien un gain dans le secteur forestier.

« Est-ce que c’est le parti des régions? J’ai hâte de le voir », a conclu le président Tremblay.

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