La Ferme Manicouagan garde espoir pour ses travailleurs mexicains

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Par Charlotte Paquet
La Ferme Manicouagan garde espoir pour ses travailleurs mexicains
La Ferme Manicouagan accueillera-t-elle les deux travailleurs mexicains qu’elle espère? Rien n’est assuré. On aperçoit ici une scène croquée en octobre 2018, première année de présence d’ouvriers du Mexique. Julie Bérubé, en avant-plan, pose aussi en compagnie de ses parents, son oncle et son frère.

La fin avril approche et dans quelques semaines, ce sera le temps des plantations à la Ferme Manicouagan, qui ignore toujours si elle pourra profiter de l’aide de deux travailleurs agricoles mexicains pour une troisième année consécutive.

« On est dans le néant. On ne sait pas si on en avoir des travailleurs étrangers. Est-ce qu’on va en avoir? Est-ce qu’on va en avoir un ou deux? Et quand? », lance Julie Bérubé, porte-parole de la ferme familiale de Pointe-Lebel.

Avec la crise du coronavirus, l’entreprise agricole est plongée dans l’incertitude, comme bien d’autres dans le domaine. Sa demande pour l’embauche de deux travailleurs mexicains est acheminée, comme d’habitude, depuis l’automne 2019 à Ferme Québec, l’organisation responsable des démarches auprès des travailleurs agricoles étrangers.

Habituellement, à ce temps-ci de l’année, la famille Bérubé sait à quoi s’en tenir. « À la mi-avril, j’ai les billets d’avion confirmés et l’heure de leur arrivée », indique la porte-parole.

Normalement, les travailleurs étrangers se pointent en mai et repartent quelque part en novembre. Cette fois-ci, s’ils finissent par arriver dans la Manicouagan, ils devront se mettre en quarantaine pour une période de 14 jours. Le gouvernement fédéral a annoncé récemment un programme pour aider les agriculteurs à faire face à ces contraintes.

Production augmentée

Malgré toute cette incertitude, la Ferme Manicouagan se prépare à augmenter sa production pour sa saison 2020.
Comme bien d’autres producteurs, Julie Bérubé s’attend à une hausse de la demande en produits locaux en raison des appels répétés, et encore plus depuis le début de la pandémie de coronavirus, en faveur d’une alimentation de proximité.

« Il y a un engouement. On en entend parler beaucoup. Je pense que ça devrait bien fonctionner cet été », dit-elle, avant d’ajouter : « On pense tout le temps, mais on n’est certain de rien. »

La production maraîchère sera intensifiée, que ce soit les pommes de terre, carottes, laitues ou fines herbes, entre autres. La récolte de fraises devrait également être plus importante.

Qui dit davantage de production dit également plus de bras dans les champs. Au-delà des membres de la famille Bérubé et des deux travailleurs mexicains espérés, trois autres personnes seront embauchées cette année, ce qui est nouveau en soi. Il s’agit de deux étudiants en agronomie, qui retourneront cependant aux études en août, et d’un diplômé en agriculture.

Fait à noter, des étudiants du coin sont également embauchés de trois à quatre semaines par été pour la cueillette de la camerise.

Autocueillette et consignes

L’entreprise lebeloise se prépare à devoir composer avec les consignes sanitaires qui seront en vigueur lors de la période d’autocueillette des petits fruits, comme les fraises, framboises et camerises, ou encore de la vente de légumes au kiosque. Elle planifie les façons de faire pour les respecter.

La Ferme Manicouagan mène aussi des travaux pour se doter d’un site Internet transactionnel qui permettrait de prendre les commandes, d’éviter la manipulation d’argent comptant et de garantir l’absence de rassemblement au kiosque. « On est en train de tricoter tout ça », indique Julie Bérubé. Des points de chute pour la livraison sont dans les plans.

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