Encore aucun signal clair pour une reprise à la papetière

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Par Charlotte Paquet
Encore aucun signal clair pour une reprise à la papetière
Produits forestiers Résolu espère que le déconfinement à l'échelle planétaire entraînera une reprise de la demande en papier journal.

Deux mois et demi après l’arrêt des activités de sa papetière à Baie-Comeau, Produits forestiers Résolu (PFR) n’a encore aucun signal clair à envoyer à ses employés et à la communauté en vue de la remise en marche de ses deux machines à papier journal.

« On perçoit qu’il pourrait y avoir une reprise, mais ce n’est pas assez significatif pour qu’on saute au plafond », lance Louis Bouchard, le nouveau porte-parole de l’entreprise.

Interrogé sur une possible éclaircie qui pourrait poindre à l’horizon, M. Bouchard a souligné qu’à l’heure actuelle, cette éclaircie se limite au fait que le monde commence à se déconfiner. Il parle de balbutiements à une reprise. « Il faudra peut-être attendre quelques semaines ou quelques mois pour voir la véritable tendance lourde », ajoute-t-il.

Faut-il rappeler que la pandémie de COVID-19 et la baisse de 40 % à 50 % de la demande en papier journal qu’elle a entraînée dans son sillage expliquent l’arrêt de production de la papetière de Baie-Comeau depuis le 28 mars et le recours à la Prestation canadienne d’urgence pour ses 234 employés.

Optimiste malgré tout

Président de la section locale 352 du syndicat Unifor, Steeve Belzile tente de rester optimiste. Le fait d’avoir participé à des échanges avec la haute direction de PFR deux fois à deux semaines d’intervalle au cours du dernier mois le rassure un peu.

« Je pense que l’intérêt est là quand on parle avec la haute direction deux fois en dedans d’un mois », souligne M. Belzile, en ajoutant que les grands patrons ont confirmé ne pas avoir l’intention de mettre la clé sous la porte.

Il rappelle que parmi les enjeux à la papetière de Baie-Comeau, il y a l’impact de la tordeuse des bourgeons de l’épinette et le coût de la fibre, pour lesquels des discussions se tiennent avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. « S’ils pouvaient avoir des prix concurrentiels au niveau de la fibre, ça pourrait aider .»

M. Belzile a répété souhaiter que l’usine de papier soit l’une des premières à reprendre la production dès que la reprise de la demande sera confirmée. Il espère aussi que les essais lancés pour développer un nouveau type de pâte destinée au marché du papier tissu, comme le papier hygiénique, se poursuivront.

Enfin, amorcés plusieurs mois avant la fermeture de la fin mars, les travaux en vue de la remise en marche d’une chaudière électrique arrêtée depuis plus d’une vingtaine d’années sont également un signe encourageant de l’intérêt de PFR pour sa papetière, selon Steeve Belzile.

En plus d’avoir un impact positif pour l’environnement, la chaudière permettra de diminuer les coûts de production. « Les travaux sont avancés. Les pièces sont arrivées et ça devait repartir en juin », ajoute le président. Avec la fermeture de la papetière, tout a évidemment été mis sur la glace.

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