Alcoa n’entend pas s’engager à moderniser l’usine de Baie-Comeau

Par 12:00 AM - 05 Décembre 2013
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Baie-Comeau – La conjoncture économique actuelle ne permet pas d’affirmer que la modernisation de l’aluminerie de Baie-Comeau se fera à court terme, selon Alcoa, qui croit que l’enjeu actuel est de continuer d’avoir accès à de l’électricité suffisamment abordable pour parvenir à demeurer compétitive sur le marché mondial de l’aluminium.

Marlène Joseph-Blais

Les pourparlers en cours entre le gouvernement du Québec et le géant de l’aluminium sont réalisés de façon globale, sans effectuer de distinction entre les trois alumineries de la province, assure le vice-président énergie chez Alcoa Canada, Nicolas Dalmau. Ce dernier s’est montré clair, indiquant qu’il n’était pas envisagé que l’entreprise s’engage à procéder à la réfection de l’usine en vue de favoriser un règlement rapide entre les deux parties. «Il faut être prêt, quand le marché va reprendre, encore une fois on ne peut pas faire de prédictions pour le moment où ça va reprendre, mais il faut que cette option-là soit vivante, qu’elle soit possible, mais de là à en faire une condition par rapport à la négociation sur le tarif, ce serait une erreur», a souligné M. Dalmau.

Délai serré

Bien que le préavis envoyé par Alcoa à Hydro-Québec concerne un contrat se terminant le 31 décembre 2014, le vice-président est d’avis qu’une entente devra être conclue au cours des prochains mois. «La fenêtre, il ne faut pas penser que c’est le 31 décembre 2014. Il y a des décisions qui vont devoir être prises avant ça, donc je vous dirais, sans donner de précisions, parce qu’on veut quand même donner le temps à cette négociation-là de se tenir, je vous dirais que c’est dans les premiers mois de 2014», a indiqué M. Dalmau, en précisant que si une fermeture d’usine devait réellement être enclenchée, il faudrait prévoir un délai suffisamment long pour la conclure d’ici 2015.

Pérennité

Aux yeux de la direction d’Alcoa, il est possible d’assurer la pérennité de l’aluminerie de Baie-Comeau, en conservant le tarif ascenseur, ajusté selon le prix de l’aluminium, dont l’entreprise profite actuellement, en revoyant ses coûts de production et en continuant d’investir ponctuellement dans les infrastructures. «Je pense que la pérennité de l’usine, pour l’avenir prévisible, aussi loin que nos yeux peuvent voir en ce moment, c’est de travailler sur la structure des coûts, ce que fait Luke (Tremblay) et son équipe et tous les employés de Baie-Comeau et les partenaires d’affaires. C’est surtout là, présentement, que la pérennité passe», observe le vice-président.

Selon M. Dalmau, pour que la modernisation de l’aluminerie de Baie-Comeau ait lieu, d’importantes conditions doivent être rassemblées, dont un bon tarif d’électricité et un marché favorable, alors que l’offre surpasse actuellement la demande dans l’industrie de l’aluminium. Ce faisant, Alcoa considère que le contexte est loin d’être approprié pour réaliser de tels investissements, évalués à 1,2 milliard de dollars. «[…] personne n’est devin, on ne peut pas savoir combien de temps ça va durer, combien d’années. Ces conditions-là doivent être réunies, non seulement pour qu’Alcoa puisse penser à croître, à ajouter de la capacité sur le marché, mais tous les producteurs d’aluminium», soutient-il.

Aluminerie compétitive

Pendant la présentation faite aux membres de la Chambre de commerce de Manicouagan, la direction d’Alcoa a positionné l’usine de Baie-Comeau comme étant assez concurrentielle pour avoir sa place sur le marché mondial de l’aluminium. «C’est la même technologie qu’à l’aluminerie de Bécancour, c’est pas une technologie désuète, c’est une technologie qui est très répandue dans le monde et qui permet d’espérer d’avoir une longévité encore très grande. Il n’y a pas péril en la demeure par rapport à la technologie», a indiqué M. Dalmau, en précisant toutefois que le passage au tarif L rendrait les alumineries de Baie-Comeau parmi les moins performantes au monde.

 

Photo : De passage à Baie-Comeau, le vice-président énergie chez Alcoa Canada, Nicolas Dalmau, a expliqué aux membres de la Chambre de commerce de Manicouagan la situation dans laquelle se retrouve l’entreprise et pourquoi elle n’entend pas s’engager à moderniser l’usine de Baie-Comeau, et ce, même si le gouvernement accepte de prolonger le tarif qu’il lui offre présentement. (Le Manic)

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