Une immense aire protégée sera créée pour le caribou forestier

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 08 Décembre 2017
Temps de lecture :
Le conseiller politique du Conseil des Innus de Pessamit, Jack Picard, la ministre Isabelle Melançon et le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, entourent la carte de la future aire protégée des Caribous-Forestiers-de-Manouane-Manicouagan. Photo Le Manic

Le conseiller politique du Conseil des Innus de Pessamit, Jack Picard, la ministre Isabelle Melançon et le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, entourent la carte de la future aire protégée des Caribous-Forestiers-de-Manouane-Manicouagan. Photo Le Manic

Baie-Comeau – Québec fait un pas de plus dans la protection du caribou forestier. La semaine dernière à Baie-Comeau, sa ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, a annoncé la future création de l’aire protégée des Caribous-Forestiers-de-Manouane-Manicouagan, qui couvrira un immense territoire de 10 200 kilomètres carrés dans les régions de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Ses limites gargantuesques, qui représenteront 21 fois la superficie de l’île de Montréal, ont fait l’unanimité parmi les communautés locales et autochtones, n’a pas manqué d’indiquer Mme Melançon lors d’une conférence de presse à laquelle ont assisté plusieurs acteurs du milieu, dont le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, et le conseiller politique du Conseil des Innus de Pessamit, Jack Picard.

Ce n’est pas sans raison que Québec s’engage vers la création de cette immense aire protégée puisque c’est sur ce territoire que se trouvent les plus hautes densités de caribous forestiers au Québec. Dans une perspective de développement durable, il intervient afin de protéger un habitat de grande qualité à cette espèce désignée vulnérable depuis 2005.

Le territoire de 10 200 km2, situé au nord et à l’ouest du réservoir de Manic-5, comprendra la réserve de biodiversité protégée, mais aussi une section possédant un potentiel de ressources minérales. Le gouvernement accorde d’ailleurs un délai de 4 à 10 ans aux entreprises minières intéressées par des travaux d’exploration.

« Si durant cette période, l’exploitation minière est confirmée, elle sera exclue de l’aire protégée pour une question économique, mais d’ici là, on la protège», a expliqué la ministre Melançon, tout en soulignant que les activités forestières y sont déjà interdites.

Mme Melançon a cependant insisté sur le fait que « tout ce que est récréatif et éducatif, ça continue d’être permis », en faisant référence notamment aux détenteurs de baux et aux pourvoyeurs. Par contre, a-t-elle prévenu, il ne sera pas permis d’agrandir leurs territoires.

Des réactions

Le maire de Baie-Comeau a réagi très positivement à la création annoncée de l’aire protégée des Caribous-Forestiers-de-Manouane-Manicouagan. « C’est une belle nouvelle et un bel équilibre entre le respect de l’environnement et le développement économique », a souligné Yves Montigny. Il applaudit le fait que le gouvernement ait prévu des mesures pour ne pas empêcher le développement économique par la filière minérale.

Le son de cloche diffère quelque peu du côté du conseiller spécial de Pessamit. Le conseil des Innus est content de l’annonce, mais pas tout à fait satisfait « C’est une belle et bonne annonce, mais qui ne fait pas l’entièreté de ce qu’on avait imaginé », a soutenu Jack Picard. Des trois hardes de caribous observées sur le Nitassinan, deux sont présentes sur le territoire de la future aire protégée, mais pas celle plus au sud, a-t-il soutenu.

Déjà protégé

Comme le tiers du territoire de 10 200 km2 est déjà légalement protégé par trois réserves de biodiversité projetées et des refuges biologiques, la future aire protégée viendra ajouter près de 7 000 km2 au réseau québécois d’aires protégées.

La proportion du territoire protégé du Québec terrestre et d’eau douce atteindra alors 11,1 % sur une cible de 17 %, tandis que celle du territoire du Plan Nord atteindra 12,4 % par rapport à une cible de 20 % en 2020, selon les chiffres fournis par le ministère.

 

Partager cet article