La Coopérative Gaïa vise plus que jamais à nourrir la Manicouagan

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Par Charlotte Paquet

Baie-Comeau – En 2008, la Coopérative de solidarité Gaïa venait au monde à Pointe-aux-Outardes avec le désir profond de nourrir la Manicouagan. Dix ans plus tard, des pas ont été franchis, mais tout n’est pas gagné, loin de là. L’aventure se poursuit.

Après une absence de deux ans, Mélodie Desrosiers, la fondatrice de Gaïa, est de retour au bercail. « Je suis revenue, car je n’avais pas tout donné à Gaïa. Un bébé, ça va toujours rester un bébé. C’est mon bébé encore et j’ai encore les mêmes convictions profondes », souligne-t-elle en faisant référence à son désir immuable de nourrir la Manicouagan.

La saison 2017 a été parsemée d’écueils pour la petite ferme maraîchère. La poursuite du développement n’a pas été facile. Même que quelques pas de derrière ont été faits.

Face à ce constat la trentenaire, qui avait quitté son poste après deux maternités et la difficile conciliation travail-famille, a décidé de revenir à ses anciennes amours.

« Je leur ai offert mon aide en leur disant : « Cette année, je vais vous aider à repartir les semis, à faire les plants de jardin », raconte celle qui occupe le poste de directrice générale depuis quelques mois.

« Je veux vraiment revirer ça de bord », insiste l’agricultrice qui, pour le moment, se consacre donc à temps partiel à la petite entreprise qu’elle a lancée en 2017, Productions paysannes.

Oui, l’équipe de Gaïa veut tout faire pour repartir sur des bases solides et demeure positive, mais le printemps pluvieux et frais ne l’aide pas. « On a un mauvais printemps. On est 14 jours en retard », précise Mélodie Desrosiers.

Augmenter la production

La coopérative Gaïa met le paquet cette année sur la plantation massive afin d’augmenter sa production de légumes. Au total, huit champs sont en culture, dont six d’une superficie d’une acre et deux d’une demi-acre. « On ouvre 30 % de plus en production que l’an passé et on veut avoir 80 % de plus en production », note l’agricultrice, qui doit cependant faire avec les aléas de Dame Nature.

La petite entreprise lorgne la culture bio-intensive pour son développement. Ce modèle d’agriculture mise notamment sur une meilleure fertilisation et une densité de production plus serrée afin d’en venir à une plus grande performance.

À la suite d’un concours qu’elle a remporté, Mélodie Desrosiers suit d’ailleurs actuellement une formation avec Jean-Martin Fortier, un agriculteur réputé au niveau de la production maraîchère bio-intensive et auteur du livre Le jardinier-maraîcher.

La directrice générale fait le pari de parvenir, avec l’équipe en place, à hausser considérablement les récoltes. Elle veut que les paniers destinés à ses membres consommateurs soient diversifiés et remplis à souhait.

Elle désire aussi reprendre un contact étroit avec le monde de la restauration. Les relations amorcées se sont effritées ces deux dernières années, faute de disponibilité de légumes. Les marchés d’alimentation se trouvent également sur son écran radar, tout comme l’aménagement d’un petit kiosque de vente sur la route 138.

« Je veux optimiser la production et retrouver la confiance des membres. Je ne veux plus que la quantité soit un frein. Plus il va y en avoir (de légumes) et plus les gens vont en vouloir. On repart la machine pour des paniers extraordinaires », assure l’âme de Gaïa, soulignant au passage que sa plus belle paye, c’est que les gens soient fiers de la coopérative et de ses légumes.

Allonger la saison

Tous les efforts sont également consentis pour allonger la saison des récoltes afin de la faire passer de 12 à 20 semaines. À 12 semaines de distribution de paniers aux consommateurs, il est bien difficile de rentabiliser l’entreprise, selon la directrice générale.

Dès le début de juillet, les premiers légumes à sortir des champs de la ferme seront disponibles. Il s’agira du populaire mesclun, ce fameux mélange de laitues qui, comme les autres types de laitue, pousse très bien à Pointe-aux-Outardes.

Plusieurs légumes sont également très bien adaptés au climat et au type de sol de la ferme de la péninsule Manicouagan, qu’ils aient été semés directement à partir de graines ou encore provenant de plants partis en serre au cours des derniers mois. On peut penser aux zucchinis, carottes et légumes de la famille des choux. Le brocoli et les courges sont également aux petits oiseaux dans les champs de Gaïa.

Mais, comme le précise Mélodie Desrosiers, pour parvenir à obtenir de belles récoltes, l’équipe en place doit y mettre plus d’efforts et conjuguer avec une saison courte.

La coopérative Gaïa compte 350 membres, dont environ 320 consommateurs citoyens. À cela, il faut ajouter les membres producteurs, la dizaine de membres consommateurs corporatifs et des membres soutien corporatifs.

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