Côte Manic-1 : « N’attendons pas une deuxième petite Cloutier pour agir »

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Par Charlotte Paquet
Côte Manic-1 : « N’attendons pas une deuxième petite Cloutier pour agir »
La côte Manic-1 représente une hantise pour plusieurs cyclistes. L’accotement se limite à environ 30 centimètres sur une distance de 200 à 300 mètres. Photos courtoisie

Baie-Comeau – La montée de la côte Manic-1 à Baie-Comeau continue de représenter une hantise pour plusieurs cyclistes et les histoires d’horreur s’accumulent. Pourtant, après quatre à cinq ans de démarches répétées, la corporation Véloroute des Baleines ne parvient toujours pas à s’entendre avec le ministère des Transports du Québec (MTQ) pour changer la donne.

« N’attendons pas une deuxième petite Cloutier pour agir », lance le président de la corporation, Denis Villeneuve, en faisant référence au drame qui a coûté la vie à Alice Cloutier en août 2009. La jeune cycliste de 18 ans était décédée après s’être fait happer par un camion alors qu’elle circulait sur le boulevard Laflèche.

Cette fameuse côte qui relie le pont de Manic-1 jusqu’aux approches du carrefour giratoire à la hauteur de Pointe-Lebel, une distance d’environ 1,7 km, est l’un des rares tronçons de la route 138 entre Baie-Comeau et Tadoussac qui ne soit toujours pas adapté aux standards d’une piste cyclable avec une largeur d’un mètre. « Sur une longueur de 200 à 300 mètres, on tombe avec à peine 30 centimètres », affirme M. Villeneuve, en soulignant que la problématique se situe davantage à la montée qu’à la descente du côté sud.

Un certain nombre de cyclistes empruntent cette côte pour aller rouler dans la péninsule Manicouagan, qui s’est d’ailleurs enrichie ces dernières années d’une piste cyclable permettant une boucle entre les municipalités de Pointe-Lebel et Pointe-aux-Outardes. Ils le font à leurs risques et périls et encore plus lorsque la circulation automobile, qui se fait à deux voies en montant, est dense.

« À la corporation, on trouve que ça fait assez longtemps que ça niaise. Ça fait des années qu’on vire en rond. On commence à être tannés », laisse tomber le président qui, récemment, a envoyé à nouveau un courriel au MTQ en lui demandant si on attendait qu’il y ait un mort pour faire quelque chose.

Des solutions

Au fil des dernières années, la corporation a mis beaucoup d’efforts pour trouver des solutions, mais elles n’ont pas eu de suite. Un projet de deux pistes cyclables unidirectionnelles, une du côté nord et une du côté sud, a été élaboré avec un coût projeté de 811 000 $. Le financement était ficelé. « On voulait s’associer avec le projet d’amenée d’eau à Pointe-Lebel », précise le président Villeneuve.

Par contre, le projet est tombé à l’eau quand des études géologiques ont démontré l’instabilité du talus du côté nord. La consolidation de la falaise aurait fait passer la facture des travaux à 2,3 M$ et même plus, un montant trop élevé pour la corporation.
Ensuite, une idée de piste cyclable bidirectionnelle du côté sud de la côte et à l’extérieur de la route 138 a fait l’objet de certaines discussions avec le MTQ, mais « tout ça est dans les nuages », déplore encore le cycliste.

Plus récemment, une demande a été adressée au ministère pour réduire la vitesse de 90 à 70 km/h sur le boulevard Laflèche de la rue Fafard au carrefour giratoire. Ce fut refusé sous prétexte que ce n’était pas la solution, déplore M. Villeneuve.

Une limite à 70 km/h aurait permis de réduire la largeur des deux voies des véhicules, donc d’élargir à un mètre l’accotement pour les cyclistes. « Si on avait un mètre du côté nord, ça nous donnerait l’opportunité de monter cette côte avec un peu plus de respire. »

Réaction du MTQ
Si la diminution de la limite de vitesse n’a pas été retenue par le ministère, explique sa porte-parole, Sarah Gaudreault, c’est en fonction de plusieurs facteurs, dont la sécurité et le nombre de véhicules. « Ça ne le justifiait pas. Par contre, on étudie des solutions pour sécuriser les cyclistes à cet endroit-là », assure-t-elle.

Mme Gaudreault rappelle que le développement du circuit cyclable n’est pas sous la responsabilité du MTQ, même s’il peut soutenir les initiatives en ce sens.

Rappelons enfin que des travaux d’asphaltage viennent d’être réalisés dans la côte Manic-1 et ses approches. Ils ont créé des bouchons de circulation monstre à de nombreuses occasions.

Au départ, ils devaient durer une seule semaine, mais il y aura finalement eu deux semaines de retard en raison du bris de la membrane du canal de fuite sur le pont lors d’une mauvaise manœuvre de l’entrepreneur.

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Richard Turcotte
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Richard Turcotte

Comme cycliste ,j’ai utilisé cette côte à une reprise .Je m’abstiens de la prendre car c’est carrément dangereux .
La MTQ doit prendre ses responsabilités avant qu’un autre drame se produit et que ce soit un coroner qui l’oblige
à le suite d’un autre décès tragique comme la petite Cloutier.