Le naufrage de l’île aux Oeufs: une captivante leçon d’histoire donnée par Patrick Bourgeois

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Par Éric Martin
Le naufrage de l’île aux Oeufs: une captivante leçon d’histoire donnée par Patrick Bourgeois
Érik Phaneuf et Patrick Bourgeois sont ici à la recherche d’artefacts laissés à la suite du naufrage des huit navires de la flotte de l’amiral Walker. Photo Bell Média

Habitant près de la cathédrale de Baie-Comeau, Patrick Bourgeois a très souvent joué durant son enfance sur les deux canons qui s’y trouvaient à proximité. C’est en cherchant à suivre leur trace qu’il s’est finalement intéressé au naufrage de huit navires de la flotte de l’amiral Walker. Une tragédie nautique méconnue qui figure au cœur du documentaire Le naufrage de l’île aux Oeufs dont il est l’instigateur.

« Quand j’étais jeune, mon père nous amenait souvent jouer là-bas. J’ai quitté la région pendant plusieurs années. Quand je suis revenu, j’ai cherché à savoir où ces deux canons étaient rendus. J’ai rapidement appris qu’ils appartenaient à la flotte de Walker », explique Patrick Bourgeois. « J’ai enclenché une démarche. Je demeure convaincu que c’est ici un contexte de mémoire collective. Ça démontre bien le fait qu’on ignore une partie importante de notre histoire. »

Conflit important

Sur les huit navires qui ont échoué à cet endroit, près de 1 000 personnes y prenaient place. Ils y ont tous laissé leur vie. « Avec un tel nombre de victimes, je suis surpris qu’on ignore une telle tragédie ou à tout le moins qu’on en parle aussi peu et que tout ça passe sous silence. Ça fait pourtant partie de notre histoire et c’est un conflit international important. »

Ce qui surprend également est le très faible nombre d’artefacts retrouvés et exposés à la suite de ce naufrage survenu en 1711 à proximité de l’île aux Œufs, sur les rochers devant Pointe-aux-Anglais. « C’est surprenant qu’on en ait si peu. Ils sont sûrement dans le sous-sol de gens qui les ont pillés », émet-il à titre d’hypothèse. « Je ne leur en veux pas, mais on aurait beaucoup à gagner qu’ils soient aujourd’hui exposés dans un musée, un lieu accessible à tous. »

L’un des éléments marquants de ce documentaire demeure lorsque des artefacts ont été trouvés en fin de tournage par lui et ses collaborateurs.

« Ça faisait deux ans que je cherchais des artefacts. J’avais vendu une idée aux diffuseurs. On les a trouvés lors du dernier jour du tournage. Nous n’avions alors plus de sou pour poursuivre les recherches. Ce fut un très grand soulagement », a-t-il souligné.

Patrick Bourgeois a entrepris cette démarche par amour pour le territoire nord-côtier d’où il tire ses racines. « On a beaucoup plus que les usines à offrir aux touristes. On s’est retrouvé au centre d’un conflit mondial. Ce n’est pas rien. Les membres de l’équipage ne sont pas morts noyés. Ils sont morts gelés pour la plupart. Pourtant, on ne parle pas d’eux (près de 1 000 victimes) », déplore-t-il.

Le principal intéressé considère regrettable que si peu de documentaires parlent d’un territoire aussi immense. « Ici, on a une drôle de relation avec le passé. C’est un peu contraire à notre devise Je me souviens. Sur Canal D, il y a peu de documentaires d’ici. La plupart sont des acquisitions », renchérit-il. « C’est un fait malheureux. Il faut dire que les plateformes pour les diffuser sont assez limitées et que leur financement représente tout un défi. »

Malgré toutes les difficultés rencontrées, le Nord-Côtier planche déjà sur d’autres projets de documentaire, mais rien ne peut être confirmé pour le moment. Il continue à croire qu’il est impératif qu’on parle de nous et que la télévision demeure un moyen important de le faire. Le naufrage de l’île aux Oeufs sera diffusé pour une première fois le 24 octobre à 22 h à Canal D.

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