Pitbulls : une maman craint pour ses enfants

Par Charlotte Paquet 7:00 PM - 04 février 2020
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Marie-Pier Albert, qui tient sur elle sa petite Marguerite, 11 mois, pensait qu’à la suite de sa plainte au refuge animal Le Chapitou à la fin novembre, les deux pitbulls allaient rapidement quitter le voisinage puisqu’il s’agit d’une race interdite à Baie-Comeau, mais ce ne fut pas le cas.

Une citoyenne du quartier Mgr-Bélanger et maman de trois jeunes enfants, Marie-Pier Albert, s’inquiète de la présence dans le voisinage de deux pitbulls, une race de chien interdite à Baie-Comeau. Deux mois après sa première plainte au refuge animal Le Chapitou, la situation perdure.

« J’ai l’impression qu’ils attendent qu’il arrive quelque chose de grave », indique celle qui dit avoir avisé une représentante du refuge animal que si un drame se produit, elle allait traîner les responsables en cour.

« Les chiens sont très souvent détachés. On est tous des parents avec des enfants dans le coin. On veut juste que nos enfants puissent jouer dehors en sécurité », souligne la jeune mère, dont les enfants sont âgés de cinq ans, deux ans et demi et 11 mois.

Les deux petits pitbulls en question appartiennent à sa voisine, qui possède deux autres chiens, un husky et un bouvier bernois. Selon la plaignante, aucun d’entre eux n’est enregistré puisqu’ils ne portent pas de médaille au cou.

Or, en plus d’interdire la race des pitbulls, la réglementation municipale oblige l’enregistrement des chiens et des chats, confirmé par le port de la médaille, et limite à deux chiens et deux chats le nombre d’animaux par propriété, hormis les bêtes de petite taille.

Plainte sur plainte

Marie-Pier Albert déplore que ses démarches soient demeurées vaines depuis sa première plainte au refuge animal le 27 novembre. Comme il s’agit d’une race de chien non permise à Baie-Comeau, elle pensait sincèrement, indique-t-elle, que les gens du Chapitou allaient débarquer rapidement chez sa voisine pour saisir les bêtes.

Comme rien ne bougeait, elle a porté plainte auprès de la Sûreté du Québec. « Les policiers ont dit qu’ils ne pouvaient rien faire. »

Puis une autre plainte a été déposée, cette fois-ci à la direction de la santé animale au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et concernant les conditions de vie dans lesquelles se trouvent les quatre chiens.

Le Chapitou été interpellé à nouveau en janvier. Mme Albert s’est également adressée directement à la Ville de Baie-Comeau. Finalement, la semaine dernière, elle a choisi de diffuser publiquement des photos et des vidéos sur Facebook dans l’espoir de faire bouger les choses.

Réactions

Au refuge animal Le Chapitou, la directrice Dany Cimon assure que la situation est prise au sérieux et que le dossier évolue. « On est allés quelques fois sur place, mais il (le dossier) n’est pas réglé », précise-t-elle en insistant sur la confidentialité à respecter.

« Ce type de signalement n’est pas pris à la légère et nous avons pris la situation en main rapidement. Cependant, comme c’est un dossier qui suit un processus judiciaire, nous ne pouvons pas commenter davantage », renchérit Mathieu Pineault, coordonnateur aux communications à la Ville de Baie-Comeau.

Tout en soulignant n’avoir aucun délai à fournir pour que la situation soit corrigée, il rappelle que tout signalement effectué par rapport au non–respect de la réglementation doit avant tout être constaté par les autorités. S’en suit un avis d’infraction, puis, au besoin, un constat d’infraction pour lequel il y a un délai de 30 jours pour le contester ou le payer.

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