Un souper gastronomique payant pour la prévention du suicide

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Par Charlotte Paquet
Un souper gastronomique payant pour la prévention du suicide
Le souper gastronomique au profit du Centre de prévention du suicide de la Côte-Nord a rapporté 22 426 $. Photo Bokeh35

La deuxième édition du souper gastronomique au profit du Centre de prévention du suicide a connu un beau succès le 8 février, à Baie-Comeau, avec une récolte de 22 426 $.

Organisé par le Centre de prévention du suicide (CPS) de la Côte-Nord, Frédérique Tremblay, dont le conjoint Alexandre Verreault s’est enlevé la vie en 2019, et Carl Beaulieu, du bistro La Marée haute, l’événement chargé d’émotion a été tenu sous la présidence d’honneur du président des Éditions Nordiques, Simon Brisson. Il est venu clore la Semaine québécoise de prévention du suicide.

Le bistro La Marée haute, où travaillait M. Verreault comme chef, et le copropriétaire et chef du restaurant Chez Mathilde de Tadoussac, Jean-Sébastien Sicard, ont collaboré de belle façon à la préparation du menu cinq services aux saveurs de la région.

Près de 150 personnes ont participé au souper. C’est 30 de plus que lors de l’édition 2019, qui avait rapporté 15 000 $.

Parlant d’argent amassé, M. Brisson a d’ailleurs causé une certaine surprise vers la fin de la soirée en annonçant un don de 52 000 $ en publicité au CPS, soit l’équivalent de 1 000 $ par semaine, dans l’un ou l’autre de ses trois hebdomadaires de la Côte-Nord, Le Manic à Baie-Comeau, le Journal Haute-Côte-Nord à Forestville ou Le Nord-Côtier à Sept-Îles.

« Si ça peut juste sauver une vie, ce sera bien investi », a martelé celui pour qui la prévention du suicide prend tout son sens.

À un cheveu de…

Les convives n’en étaient cependant pas à leur premier moment fort de la soirée avec le président d’honneur, qui, plus tôt, avait livré un témoignage poignant sur son expérience personnelle avec le suicide.

Pendant que des photos de lui très souriant avec sa famille ou encore des amis défilaient sur des écrans géants, Simon Brisson a révélé avoir déjà pensé au suicide. Même qu’en 2013, son plan était élaboré et il était sur le point de passer à l’action.

Comme il l’a raconté au micro, il aura fallu l’arrivée impromptue d’un oncle chez lui pour que, en éternisant sa visite, il vienne bousiller sa première idée.

L’homme d’affaires a avoué avoir connu aussi d’autres périodes très sombres ces dernières années et avoir songé à commettre l’irréparable, mais l’aide qu’il est finalement allé chercher l’a sauvé.

Après toutes ces révélations, M. Brisson a indiqué que le discours qu’il s’apprêtait à clore était le plus difficile qu’il avait eu à prononcer de sa vie. « Car j’ai livré ce que j’ai vécu, la tristesse, la rage », a-t-il souligné, en ajoutant qu’il n’avait pas le droit de s’enlever la vie, car il avait le bonheur d’être papa de quatre petites filles.

Il a aussi imploré les gens, en particulier les hommes, à exprimer leurs émotions quand ça va mal et à aller chercher de l’aide. « Sentir nos émotions, c’est ce qu’il y a de plus important. »

Un rappel

On se souviendra que la première édition du souper gastronomique au profit du Centre de prévention du suicide de la Côte-Nord a eu lieu en avril 2019. L’événement a été organisé par le chef Alexandre Verreault, qui voulait ainsi contribuer à sa façon à la prévention du suicide à la mémoire de son père, David, qui s’était enlevé la vie quelques années plus tôt.

Or, quelques semaines avant la tenue de l’événement, le jeune homme a lui aussi commis l’irréparable. La première  édition du souper a été tenue à sa mémoire.

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