Un ado sauve son ami d’un camp de chasse en feu

Par Charlotte Paquet 6:00 AM - 07 octobre 2020
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Sorti du sommeil par la chaleur et la fumée, Dylan Delaury (photo) a réveillé son copain Olivier Gendron. Les deux jeunes sont rapidement sortis du camp de chasse en feu. Photo courtoisie

En septembre 2017, Sandra Pouliot a perdu son conjoint et père de ses deux enfants dans un accident survenu près de son camp de chasse situé à Franquelin. Trois ans plus tard, son fils vient de passer à un cheveu de mourir dans l’incendie du bâtiment, car sans l’intervention de son ami réveillé par la fumée et la chaleur, ça y était!

« Il lui a sauvé la vie », s’exclame la maman d’Olivier Gendron, tellement reconnaissante envers celui qui lui permet encore aujourd’hui de serrer son fils dans ses bras, Dylan Delaury. D’avoir à revivre de tels moments à trois ans d’intervalle, encore en pleine période de chasse, l’a grandement secouée. « Pour moi, ç’a été l’histoire qui se répétait », avoue-t-elle en parlant du site comme d’un « camp de malheur ».

Voici la trame des événements. Olivier, 16 ans, et Dylan, 17 ans, sont deux grands amis. Avec l’assentiment de leurs mères, ils sont allés passer quelques jours au camp de chasse qui appartenait au défunt père d’Olivier, situé à moins d’un kilomètre au nord du village de Franquelin, pour traquer le gros et le petit gibier.

Dans la soirée du lundi 28 septembre, les deux jeunes se sont couchés tôt afin de se lever à l’aurore le lendemain. Or, vers 22 h, la chaleur et la fumée ont réveillé Dylan, qui avait de la difficulté à respirer. « Quand j’ai ouvert les yeux, le camp était boucané et il y avait des flammes dehors. J’ai vu du orange partout », raconte-t-il.

Rapidement, il a crié à son ami, couché à l’autre bout de la pièce. « J’ai crié deux trois fois son nom et la troisième fois, il s’est réveillé. »
Comme il leur était impossible de sortir par la porte en raison du feu, les deux adolescents sont passés par un petit balcon, poursuit Dylan, qui a eu le temps d’attraper deux sacs contenant ses effets personnels. « J’ai droppé mes sacs en bas du balcon. Je me suis retourné, j’ai vu mon téléphone et je l’ai pris. »

Vite, ça presse!

Dylan, avec le torse et les pieds nus, et Olivier, avec les pieds nus, ont rapidement pris leurs jambes à leur cou pour s’éloigner du camp en feu, dans lequel se trouvaient un réservoir de propane et des munitions. Pendant qu’ils couraient, des bruits d’explosion ont été entendus.

Après un trajet de 35 à 40 minutes, les deux jeunes sont arrivés au chalet du grand-père d’Olivier, où ils ont été accueillis pour la nuit. Le lendemain matin, ils sont retournés sur les lieux de l’incendie. Il n’y avait plus que cendres et décombres.

« Ça m’a fait mal. C’était le camp du père à Olivier. Son père, ç’a été mon coach (de soccer) », souligne celui qui a aussi perdu son père dans son enfance.

Évidemment, l’incendie qui a ravagé le bâtiment attriste beaucoup le plus jeune des deux copains. « Il a beaucoup de peine. Le camp représentait son père. Pour lui, il a tout perdu. Il a perdu ses souvenirs », renchérit Sandra Pouliot.

Selon ce qu’elle a appris, après être sorti du camp en flammes, Olivier a choisi d’y rentrer à nouveau afin d’aller chercher l’arme à feu de son père.

Candidature

Mis au courant de la tragédie évitée de justesse, Simon Leblanc, pompier-préventionniste de la Sécurité publique de la Ville de Baie-Comeau, envisage de soumettre la candidature de Dylan Delaury en vue d’une cérémonie organisée par le ministère de la Sécurité publique pour honorer des pompiers et des citoyens dont le sang-froid et bravoure ont permis de sauver des vies ou d’éviter des conséquences graves.

Rappelons qu’en vertu d’un partenariat entre les deux municipalités, les pompiers de Baie-Comeau assurent la prévention et la protection incendie sur le territoire de Franquelin.

Alors que la Semaine de la prévention des incendies bat son plein au Québec jusqu’au 10 octobre, M. Leblanc en profite pour rappeler l’importance de munir tout type d’habitation d’un avertisseur de fumée fonctionnel, ce qui inclut les camps de chasse et les chalets.

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