Ça déborde au centre jeunesse de Baie-Comeau

Par Steeve Paradis 6:00 AM - 01 mars 2021
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Avec un surplus de jeunes et un manque de personnel, la situation demeure difficile au Pavillon Richelieu, l’établissement qui sert de centre jeunesse à Baie-Comeau.

Pour l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), la situation est critique dans les foyers des centres jeunesse de la Côte-Nord, particulièrement au Pavillon Richelieu, avec un manque permanent de personnel et une surpopulation de jeunes. Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) convient que tout ne roule pas sur des roulettes, mais assure que tous les jeunes qui doivent être pris en charge le sont.

« La DPJ, qui accueille les enfants négligés, néglige les enfants sur la Côte-Nord », lance tout de go la représentante de l’APTS en région, Maude Fréchette. « Au Pavillon Richelieu, il y a des enfants qui doivent coucher sur des divans ou des matelas par terre. Il y a trop d’enfants par unité », enchaîne-t-elle.

En ce qui concerne la pénurie de main-d’oeuvre, Mme Fréchette reconnaît que la problématique est provinciale, mais en ce qui concerne la Côte-Nord, « ça risque de causer un sérieux bris de service. Il y a 20 % des éducateurs qui ont quitté la profession l’an dernier et pour les remplacer, plusieurs viennent de la main-d’œuvre indépendante, ce qui entraîne de l’instabilité dans les milieux de vie ».

Toujours selon la représentante syndicale, il n’y a présentement que 4 travailleuses sociales à la direction régionale de la protection de la jeunesse alors qu’il en faudrait 10. Ce déficit fait en sorte que l’application des mesures suggérées par l’organisme retarde, et des jeunes qui devraient aller en famille d’accueil se retrouvent plutôt en centre jeunesse.

« Ça fait que ça déborde dans les unités et avec la pénurie de main-d’œuvre, des agents d’intervention doivent jouer le rôle d’éducateurs, et ils ne sont pas formés pour ça. Ça urge d’avoir plus d’intervenantes en protection de la jeunesse », poursuit Mme Fréchette.

Cette dernière affirme notamment qu’on retrouve au Pavillon Richelieu des unités faites pour 8 jeunes où on en retrouve 11. Elle soutient également qu’il y a notamment eu un cas où un enfant de moins de 10 ans a été hébergé sur la même unité que des adolescents de 16 et 17 ans.

« Dans ces situations de surpopulation, ça met le niveau de dangerosité à son maximum. Ça met à risque à la fois les enfants et le personnel », clame-t-elle.

Le maximum atteint

Au CISSS de la Côte-Nord, on avoue que la capacité maximale est atteinte depuis un certain temps. « En ce qui concerne la clientèle plus jeune, le groupe a été divisé en deux sous-groupes grâce à une unité de débordement dont l’aménagement se poursuit. La présence d’éducateurs a également été augmentée », a soutenu la responsable des communications de l’organisation, Marlène Joseph-Blais, dans un échange de courriels avec Le Manic.

Pour ce qui est de la situation des 6-11 ans, les garçons ont leur propre unité de 8 places. « En ce qui concerne les filles, une évaluation clinique est faite pour chaque cas afin de déterminer dans quelle unité sera hébergée la jeune fille », ajoute la porte-parole, qui indique au passage que « les débordements créent un manque d’espace, mais c’est aussi le personnel qui manque, malgré nos efforts pour en recruter ».

En terminant, Mme Joseph-Blais assure que le CISSS continue de réfléchir aux solutions possibles pour régler à la fois le manque d’espace et de personnel. « L’important, c’est que tous les enfants qui doivent être pris en charge le sont », a-t-elle conclu.

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