La deuxième centrale de Franquelin ne verra pas le jour

Par 12:00 AM - 26 février 2013
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Franquelin – Alors que tout portait à croire que l’aménagement hydroélectrique de la chute Bellefeuille sur la rivière Franquelin allait finalement aboutir, le député de René-Lévesque Marjolain Dufour vient de confirmer qu’il y a eu imbroglio dans le dossier et que le Conseil des ministres n’a jamais donné son feu vert au projet.

Julie-Andrée Verville

C’est en janvier 2013 que le maire de Franquelin, Michel Lévesque, a cru que la deuxième centrale sur la rivière Franquelin se concrétiserait pour de bon, alors que le député Marjolain Dufour lui annonçait que son projet était accepté par le Conseil des ministres. M. Lévesque a déduit qu’il s’agissait de la centrale chute Bellefeuille, puisque l’aménagement hydroélectrique des chutes à Thompson était terminé depuis déjà deux ans.

Même si le projet de chute Bellefeuille avait initialement été rejeté du programme de petites centrales de 50 mégawatts (MW) et moins d’Hydro-Québec, en juin 2010, le maire continuait de croire que la centrale verrait le jour, encouragé par des rencontres avec le gouvernement libéral de l’époque, en décembre 2011 et à l’automne 2012. Celui-ci a fait miroiter à la municipalité qu’elle pourrait bénéficier des mégawatts de certains projets hydroélectriques qui ne verraient pas le jour. Toutefois, en étant défait, le gouvernement n’a pas pu accomplir ses promesses.

Un décret sème la confusion

Ce qui a provoqué cette confusion entre le député de René-Lévesque et le maire de Franquelin, c’est une erreur d’interprétation du décret ministériel, daté du 16 janvier et adopté le 6 février. Ce dernier indiquait : «Approbation des plans et devis modifiés de la Société d’énergie rivière Franquelin inc. pour son projet de construction de deux barrages sur la rivière Franquelin au site des chutes à Thompson, sur le territoire de la municipalité de Franquelin».

Le député de René-Lévesque, à la demande du maire, s’apprêtait à faire apporter un changement au décret, pour préciser l’emplacement du deuxième barrage, soit sur le site de la chute Bellefeuille. M. Dufour a tôt fait de réaliser que la deuxième centrale de Franquelin n’avait jamais fait partie du programme d’achat d’électricité provenant de petites centrales d’Hydro-Québec. «Je crois que le maire pensait que le décret incluait le barrage Bellefeuille comme une deuxième phase du projet […] mais lui savait que le projet n’avait pas été retenu. Il y a eu imbroglio», explique Marjolain Dufour.

Le maire est d’avis que les mots utilisés dans le décret semaient la confusion. L’expression «deux barrages» faisait finalement référence à deux seuils sur le même aménagement, soit celui des chutes à Thompson, et non à deux barrages à proprement parler. Le décret précisait l’adoption des plans et devis modifiés de la centrale Thompson, et ce, après qu’elle ait déjà été construite et mise en opération. Michel Lévesque a été très déçu du revirement de situation. «Le député m’a dit : c’est O.K., ton projet a été accepté, mais il n’était pas trop au courant du dossier. […] Ça me déçoit de dire ça, mais c’est lui qui a toute la responsabilité de cette erreur», soutient Michel Lévesque.

Non content de la manière dont les projets de petites centrales ont été abandonnés, le maire de Franquelin désire se mobiliser avec d’autres municipalités touchées par cette décision. «Je ne baisserai pas les bras. On va se mettre ensemble et faire un front commun. On n’aime pas la manière dont ça s’est fait, en catimini», conclut-il.

 

Photo : L’aménagement hydroélectrique de la chute Bellefeuille sur la rivière Franquelin ne verra finalement pas le jour, n’ayant jamais été retenu dans le programme de petites centrales d’Hydro-Québec, ni adopté par le Conseil des ministres, le 16 janvier, comme le pensait le maire Michel Lévesque. (Municipalité de Franquelin)

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