Un rapport de l’UNICEF dévoile l’opinion des jeunes sur la violence sexuelle en ligne

Par 12:00 AM - 07 juin 2016
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COMMUNIQUÉ

NEW YORK et TORONTO – Huit personnes sur dix âgées de 18 ans estiment que les jeunes risquent d’être victimes de violence sexuelle ou de quelqu’un qui profite d’eux en ligne. Plus de cinq sur dix d’entre elles estiment que leurs amis sont impliqués dans des comportements à risque lorsqu’ils utilisent Internet, révèle une nouvelle étude de l’UNICEF. 

Perils and Possibilities: Growing up online (Risques et possibilités : grandir en ligne) s’appuie sur un sondage d’opinion mondial portant sur plus de 10 000 personnes ayant 18 ans et habitant dans 25 pays. Il révèle les points de vue des jeunes sur les risques auxquels ils sont confrontés alors qu’ils grandissent dans un monde de plus en plus connecté.

« De plus en plus de jeunes étant maintenant en ligne, la sécurité numérique est plus importante que jamais. Bien que nous ne soyons pas en mesure d’empêcher les jeunes d’expérimenter du contenu et des comportements à risque, nous pouvons toutefois nous assurer qu’ils savent comment faire face en toute sécurité à ces enjeux et y réagir de manière responsable », déclare David Morley, président et chef de la direction d’UNICEF Canada.

Le nouveau rapport montre que les adolescents et adolescentes semblent avoir confiance dans leurs propres capacités de rester en sécurité : près de 90 % des personnes sondées affirment pouvoir éviter les risques en ligne. Environ six sur dix ont déclaré que faire la connaissance en ligne de nouvelles personnes est plutôt important ou très important pour eux. Cependant, seulement 36 % de ces jeunes sont tout à fait persuadés de pouvoir dire quand une personne ment en ligne sur son identité.

Sur Internet, un utilisateur sur trois est un enfant

« Internet et les téléphones mobiles ont révolutionné l’accès des jeunes à l’information, mais les conclusions du sondage montrent combien le risque d’abus en ligne pour les filles et les garçons est réel », affirme Cornelius Williams, directeur adjoint de la Protection de l’enfance au sein de l’UNICEF. « À l’échelle mondiale, un utilisateur d’Internet sur trois est un enfant. Les conclusions obtenues aujourd’hui livrent des perspectives importantes provenant des jeunes eux-mêmes. L’UNICEF a pour objectif de donner une voix aux adolescents et adolescentes afin de les aider à faire face à la violence, à l’exploitation et aux abus en ligne, et de s’assurer que les enfants profitent pleinement des avantages offerts par Internet et les téléphones mobiles. »

Plus des deux tiers des filles, soit 67 %, sont tout à fait d’accord pour dire qu’elles doivent s’inquiéter si elles reçoivent des commentaires ou des requêtes de nature sexuelle par l’intermédiaire d’Internet, comparativement à 47 % des garçons. En cas de menaces en ligne, davantage de jeunes se tournent vers leurs amis plutôt que vers leurs parents ou leurs enseignants, mais moins de la moitié d’entre eux sont tout à fait d’accord pour dire qu’ils savent comment aider un ami confronté à des risques sur Internet.

Socialiser en ligne est important, affirment les adolescents et adolescentes

Parmi les autres conclusions de Risques et possibilités : grandir en ligne figurent les suivantes :

  • Deux tiers des jeunes âgés de 18 ans en Afrique subsaharienne et en Amérique latine et aux Caraïbes estiment que les enfants et les adolescents risquent d’être victimes de violence sexuelle, ou d’être abusés en ligne, comparativement à 33 % chez les jeunes interrogés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
  • Deux tiers des personnes interrogées en Afrique subsaharienne et en Amérique latine et aux Caraïbes sont tout à fait ou plutôt convaincues que leurs amis se placent eux-mêmes en situation de risque en ligne, comparativement à 33 % aux États-Unis et au Royaume-Uni.
  • Aux États-Unis et au Royaume-Uni, les jeunes âgés de dix-huit ans sont plus confiants dans leur capacité de pouvoir éviter les risques en ligne : 94 % d’entre eux sont plutôt ou tout à fait d’accord avec le fait qu’ils peuvent se protéger eux-mêmes sur les médias sociaux. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, seulement 41 % sont tout à fait d’accord et 37 % sont plutôt d’accord.
  • Les jeunes en Afrique subsaharienne semblent davantage valoriser la rencontre en ligne de nouvelles personnes : 79 % d’entre eux affirment qu’elle est tout à fait ou plutôt importante. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, 63 % affirment qu’il n’est pas très important ou pas du tout important de rencontrer de nouvelles personnes en ligne.
  • Dans les pays d’Europe centrale, 63 % des jeunes interrogés sont tout à fait d’accord avec le fait que, s’ils se sentaient menacés en ligne, ils le diraient à un ami, comparativement à 46 % qui le diraient à leurs parents. Seulement 9 % le diraient à un membre du personnel enseignant.

La campagne #ReplyforAll donne une voix aux enfants

Afin d’obtenir la participation des enfants et des adolescents pour mettre fin à la violence en ligne, l’UNICEF procède au lancement de #ReplyforAll dans le cadre de son initiative Mettre fin à la violence envers les enfants.

La campagne #ReplyforAll place les jeunes au premier plan en en faisant des intervenants de choix et leurs propres défenseurs en matière de sécurité en ligne. Il sera demandé aux enfants et aux adolescents d’apporter leurs conseils concernant les meilleurs moyens de réagir face à la violence ou aux risques de violence en ligne et d’y sensibiliser leurs amis par l’intermédiaire des médias sociaux. Ce travail a reçu l’appui de l’Alliance mondiale WePROTECT, qui se consacre à mettre fin à l’exploitation sexuelle en ligne des enfants grâce à des actions nationales et internationales.

L’UNICEF, aux côtés de l’Alliance mondiale WePROTECT, demande aux gouvernements nationaux de mettre en place un dispositif de réponses coordonnées entre les systèmes de justice pénale, y compris ceux des services de répression de la criminalité, et les secteurs de la protection de l’enfance, de l’éducation, de la santé et le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC), et la société civile, afin de mieux protéger les enfants de l’exploitation et de la violence sexuelle en ligne.

« Ce problème est un problème mondial et nécessite une action mondiale. Écouter les inquiétudes des enfants et travailler ensemble est la seule façon de trouver une solution et de prévenir la violence sexuelle en ligne », déclare monsieur Morley.

(Source : UNICEF Canada)

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