L’électrification des transports est au cœur d’un cercle vicieux

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 05 juillet 2016
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Baie-Comeau – L’électrification des transports sur la Côte-Nord est freinée par un cercle vicieux. Moins il y a de propriétaires de véhicules électriques, moins il y a d’organisations prêtes à investir dans l’installation de bornes de recharge. Mais le faible développement du réseau de bornes explique aussi que peu d’automobilistes se tournent vers ces véhicules de demain.

Selon l’Institut de la statistique du Québec, 40 véhicules électriques (incluant les véhicules hybrides rechargeables) étaient immatriculés sur la Côte-Nord au 31 mars 2016. C’est tout de même une hausse de 12 sur un an et de 25 sur deux ans.

Avec un écart de 42,3 % en un an, la région prend la deuxième place au Québec pour la faible augmentation du nombre de véhicules électriques. Seule l’Abitibi-Témiscamingue fait pire avec une hausse de 41,4 % (de 70 à 99). Le nombre de véhicules électriques immatriculés au Québec a bondi de 68,1 % entre 2015 et 2016.

Porte-parole d’Hydro-Québec en matière d’électrification des transports, Louis-Olivier Batty ne nie pas l’existence de ce cercle vicieux. Le faible nombre de véhicules électriques sur la Côte-Nord freine en quelque sorte l’intérêt des partenaires pour développer le réseau de bornes de recharge. « C’est sûr que tout ça est lié au nombre de véhicules dans une région. Plus il y a de véhicules électriques, plus les gens demandent des bornes et plus les partenaires sont enclins à en installer », souligne-t-il.

M. Batty admet que la Côte-Nord est le parent pauvre du développement du réseau, mais ajoute que la Gaspésie n’est également pas très bien fournie en ce sens.

Dans certains coins du Québec, des organismes se partagent la facture pour offrir une borne de recharge. Parfois, une banque ou une caisse populaire apportera sa contribution. Les commerces qui installent une borne de recharge électrique y trouvent leur compte, selon le porte-parole. Une étude a démontré que les propriétaires de véhicules électriques qui s’arrêtent à une borne de recharge dépensent en moyenne 14 $.

Le réseau des rôtisseries St-Hubert demeure le principal partenaire d’affaires d’Hydro-Québec, mais il y a d’autres commerces qui embarquent dans l’aventure, notamment des T im Hortons et des quincailleries Rona. « Il faut qu’on en parle, ça aide. Il faut que l’on continue à convaincre les gens d’embarquer », conclut M. Batty.

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