Brigitte attend de nouveaux poumons

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 07 juillet 2016
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Baie-Comeau – Brigitte Saint-Pierre a besoin de nouveaux poumons. Son nom est inscrit sur une liste d’attente, mais son rang, elle préfère ne pas le connaître pour le moment. « Ça me stresse trop », avoue celle qui espère que cette double greffe la guérira et lui permettra de voir vieillir ses trois enfants, des jumeaux de cinq ans et un jeune homme de 19 ans.

La femme de 42 ans éprouve des problèmes pulmonaires depuis 2006. « J’étais souvent malade. J’allais à l’hôpital et on me disait que je faisais des bronchites et des pneumonies. J’avais des antibiotiques, de la cortisone », se remémore-t-elle.

En 2007, ça ne va vraiment pas. Brigitte Saint-Pierre rentre à l’hôpital pour apprendre que sa capacité pulmonaire n’est plus qu’à 19 %. Elle réussit à remonter un peu la pente. Cela n’empêche pas son médecin de lui signer un congé de maladie à long terme un an plus tard. Elle travaillait chez Walmart depuis 16 ans.

Aujourd’hui, sa capacité pulmonaire oscille entre 24 % et 26 %. C’est déjà très problématique, mais lorsqu’elle désature en oxygène, les choses se corsent davantage. Suivie à l’Hôpital Notre-Dame à Montréal depuis plusieurs années, elle savait pertinemment qu’une double transplantation l’attendait. Elle le savait d’autant plus qu’un diagnostic d’emphysème à l’âge de 35 ans, ce qui lui est arrivé, était du jamais-vu dans cet hôpital spécialisé. Elle souffre aussi de bronchectasie.

Comme son état de santé continuait de se détériorer au fil du temps, son médecin lui a appris, en mars, qu’il fallait se rendre à l’évidence et inscrire son nom à la liste d’attente pour des dons d’organe. « Je ne m’attendais pas que ce soit aussi vite et j’ai fait le saut », avoue la quadragénaire.

Depuis cette annonce, Brigitte Saint-Pierre essaie de se préparer mentalement à ce qui s’en vient. Quand elle se voit à bout de souffle et épuisée, elle sait bien que l’opération, c’est le mieux pour elle, mais ça ne l’empêche pas d’avoir peur de l’inconnu. « C’est sûr que je vais mourir de ça (sa maladie) si je n’ai pas de poumons, mais je ne sais pas quand », souligne-t-elle.

Déménagement temporaire

Pour les Nord-Côtiers, l’attente d’une greffe pulmonaire signifie toujours un déménagement temporaire à Montréal afin d’être à proximité de l’Hôpital Notre-Dame, où s’effectue l’opération d’une durée de sept heures. Comme les poumons prélevés d’un donneur ont une durée de vie de quatre heures, le malade en attente doit pouvoir se rendre à l’hôpital dans ce laps de temps dès qu’il apprend que les organes attendus sont disponibles.

Lors de sa prochaine visite à son médecin, en septembre, Brigitte Saint-Pierre en apprendra davantage sur son rang dans la liste d’attente et sur le moment où elle devra quitter Baie-Comeau. Ce qu’elle sait déjà, c’est que l’attente pour une greffe peut durer jusqu’à 18 mois et que lorsque son nom se situe entre le 5e et le 10e rang, il faut sérieusement envisager le déménagement.

« Aujourd’hui, je suis inquiète, c’est sûr. J’ai mes enfants et j’aimerais ça les avoir avec moi là-bas », dit-elle, d’une voix faible. Elle espère se trouver un petit logis et éviter autant que possible l’hébergement à la maison des greffés. « Je ne veux pas y aller. Voir le monde malade, ça va me rempirer », indique-t-elle, tout en étant bien consciente qu’elle ne pourra l’éviter si son état se détériore trop.

Activités-bénéfice

Brigitte Saint-Pierre n’a plus de famille à Baie-Comeau. Elle a cependant plusieurs amies qui l’entourent et qui organisent des activités de financement afin de l’aider dans l’épreuve, dont Kathy Desbiens. Actuellement, elle réussit à vivre et à payer sa maison mobile avec l’argent qu’elle reçoit de son assurance. Son employeur lui a aussi offert un don pour l’aider à payer ses frais de déplacement lorsqu’elle doit se rendre à Montréal.

Le compte Facebook a été ouvert spécifiquement pour faire la promotion des activités. Une mégavente de garage a été tenue le 1er juillet. En août, un lave-o-thon est prévue. Le 22 octobre, un souper spaghetti est aussi inscrit à l’horaire, tandis qu’en novembre, une fin de semaine d’emballage chez Maxi permettre de grossir la cagnotte.

La sœur de Brigitte Saint-Pierre, qui habite Montréal, a également inscrit un rêve sur la plateforme afin d’amasser des dons.

Fait à noter, une entreprise de Chute-aux-Outardes, Spa Nad’eau, lui offre des traitements pour améliorer sa capacité pulmonaire d’ici à sa greffe.

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