Rêver grand sous l’œil du photographe aérien Yves Tremblay

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 30 avril 2017
Temps de lecture :

Baie-Comeau – Rêver grand, c’est à la portée de tous, même quand l’on vient d’une ville de la Côte-Nord comme Baie-Comeau. Rêver grand peut mener loin. Même très loin. Parlez-en à Yves Tremblay, pour qui l’expression The sky is the limit prend encore plus son sens depuis le lancement de son livre-coffret Les plus belles maisons du Québec vues du haut des airs.

Propriétaire depuis 18 ans de Photo hélico, une entreprise de Magog, le Baie-Comois d’origine – il a passé les 28 premières années de sa vie dans sa ville natale – a lancé ces derniers mois cette ode à la beauté architecturale du Québec en réunissant les 54 plus belles maisons vues de son œil de photographe aérien.

« Le livre, c’est un témoignage non seulement de la beauté architecturale, mais aussi de l’environnement de ces maisons », explique-t-il au téléphone. Yves Tremblay est particulièrement fier d’avoir réussi à convaincre les plus grandes et les plus riches familles du Québec à embarquer dans son aventure. « J’ai réussi un tour de force », note-t-il, tout en avouant qu’une dizaine d’entre elles se sont tout de même fait tirer l’oreille un peu.

Les propriétaires de ces somptueuses propriétés ont donné leur aval à deux conditions : que leur identité soit préservée et que l’ouvrage devienne un objet de collection non destiné au grand public. Chacun d’eux a également accepté d’autofinancer le projet privé en achetant 10 des 750 exemplaires qui se détaillent à 1 000 $ pièce.

Une œuvre d’art

Projet unique en soi, cette véritable œuvre d’art expose, par l’entremise de magnifiques demeures souvent cachées des regards, la richesse incroyable que l’on retrouve en sol québécois. Cette opulence est rarement mise à l’avant-plan. Bien au contraire.

Mais comme le laissera entendre le photographe, si la France peut s’enorgueillir avec ses châteaux de la Loire, pourquoi le Québec ne pourrait-il pas exprimer sa fierté avec ces résidences hors de l’ordinaire. « Ce qu’on veut, c’est que la beauté architecturale vue du haut des airs passe à la postérité », insiste-t-il.

Des exemplaires de Les plus belles maisons du Québec vues du haut des airs sont disponibles au Musée des beaux-arts de Montréal. D’autres pourraient l’être bientôt au Musée national des beaux-arts de Québec. La bibliothèque du Centre canadien d’architecture a en une copie pour consultation, tout comme les délégations du Québec à New York, Londres et Paris. « Il m’en reste 80 copies et j’espère les vendre », souligne son auteur.

Yves Tremblay, qui multiplie depuis quelques années les voyages d’affaires aux quatre coins du globe, de San Francisco à Copenhague en passant par Londres et New York, s’apprête à exporter son produit de niche lié à la beauté architecturale ailleurs au Canada ainsi qu’en Californie et dans les états de la Nouvelle-Angleterre. Dans cinq ans, c’est l’Europe qu’il vise, rien de moins!

Voir le Québec autrement

En 18 ans à la barre de Photo hélico, Yves Tremblay a amassé une banque de 400 000 photos aériennes prises un peu partout au Québec au gré de ses nombreux contrats. Il a souvent photographié de magnifiques propriétés sans savoir à ce moment-là à qui elles appartenaient. Les liens ont été faits par la suite.

Immortaliser la beauté architecturale du Québec est venu tout naturellement au photographe. De grands noms comme Céline Dion, Guy Laliberté, Lino Saputo et bien d’autres lui ont fait confiance. En homme d’affaires avisé, il est entré en relation avec ces riches Québécois en misant sur la photo aérienne de leurs résidences de prestige d’abord, mais derrière cette première approche, il y avait autre chose.

« Moi, ce n’est pas M. Saputo et sa maison que je visais, ce sont ses 44 usines de fromage », illustre Yves Tremblay. La même recette a été appliquée avec d’autres grands chefs du monde des affaires. La photographie d’un domaine lui ouvrait des portes. Plus l’entreprise était d’envergure et plus intéressantes étaient les opportunités.

Au-delà de ses rêves

Le p’tit gars de Baie-Comeau aujourd’hui dans la mi-cinquantaine est on ne peut plus fier du chemin parcouru depuis ses premiers pas dans la photographie publicitaire à la fin de son adolescence.

« Je suis très fier. On m’aurait demandé à 20 ans comment je voudrais être à 40 ou 50 ans et jamais je n’aurais pensé à ça. C’est comme si ça dépasse mes rêves les plus fous », mentionne-t-il en parlant de ses succès sur le plan professionnel, mais aussi sur le plan personnel avec sa conjointe et ses quatre garçons.

« Le sentiment que j’ai, c’est au-delà de ce que j’aurais pu rêver », affirme le photographe aérien. Il dit espérer que son parcours puisse motiver des jeunes gens de sa ville natale à croire en leurs rêves. « Peu importe où ça va te mener, si tu poursuis ta passion, tu apprends à te connaitre et les gens te reconnaissent », insiste-t-il.

De Baie-Comeau à l’international, rien n’est impossible et Yves Tremblay le prouve.

 

Partager cet article