Un aubergiste de Franquelin en veut à Hydro-Québec

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 18 août 2017
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Le propriétaire de l’Auberge de Franquelin, Jean Lavigne, dénonce la gestion par Hydro-Québec des délais de rétablissement du courant lors de pannes. Photo courtoisie

Le propriétaire de l’Auberge de Franquelin, Jean Lavigne, dénonce la gestion par Hydro-Québec des délais de rétablissement du courant lors de pannes. Photo courtoisie

Baie-Comeau – Une panne de courant de quelques heures, ça ne cause généralement pas trop d’ennuis aux gens. Quand sa durée s’étire et s’étire, c’est une autre paire de manches. Parlez-en à Jean Lavigne, propriétaire de l’Auberge de Franquelin.

De 15 h 45 le 28 juillet jusqu’à la fin de l’après-midi du lendemain, une panne de courant a touché tous les citoyens des municipalités de Franquelin, Godbout, Baie-Trinité et Rivière-Pentecôte. En tout, ils auront été privés d’électricité pendant 25 heures, à la suite d’un possible geste de vandalisme commis sur le réseau de transport d’Hydro-Québec.

L’aubergiste comprend que des pannes, ça peut survenir. Mais ce qu’il ne saisit pas, c’est la gestion des délais de rétablissement auprès de la clientèle par Hydro-Québec. Il déplore le fait de ne pas avoir obtenu la bonne information, celle qui aurait allumé une cloche chez lui et qui l’aurait fait partir rapidement à Baie-Comeau pour louer une génératrice.

Accessible sur Internet, Info-Panne reportait de quelques heures en quelques heures le rétablissement du service, au grand dam de l’homme d’affaires dont l’auberge était occupée en ce samedi soir de saison touristique sur la Côte-Nord.

D’une boite vocale à une autre

Tenter de parler à une personne du service à la clientèle relève presque d’un miracle, car c’est de boite vocale à boite vocale et ça n’en finit plus, dit-il. À force de persévérance, il a tout de même réussi à avoir quelqu’un au bout du fil. « Quand on appelle, ils nous disent de regarder sur Info-Panne », souligne-t-il, rappelant qu’en l’absence de courant, l’ordinateur ne fonctionne pas. Sans électricité, la tablette ne fonctionne pas plus en raison de l’absence de wi-fi. Reste le téléphone mobile.

Selon M. Lavigne, les gens du service à la clientèle lui ont aussi dit de s’acheter une génératrice. Il a cependant du mal à concevoir que lui, comme client, ait besoin d’investir dans une génératrice parce qu’Hydro-Québec est incapable de réparer les pannes dans des délais raisonnables.

« Qu’ils (les gens d’Hydro-Québec) fassent juste dire que la panne, c’est sérieux et qu’on ne peut pas prévoir quand ça va revenir. Moi, s’ils me disent ça, c’est sûr que je vais à Baie-Comeau chercher une génératrice », avoue tout de même M. Lavigne.

À la chandelle

Quand la noirceur s’est installée et que les gens ont dû s’éclairer à la chandelle dans les chambres, il n’y avait rien de reposant là-dedans, souligne M. Lavigne, en faisant référence aux risques d’incendie.

Quand le propriétaire est allé au lit le vendredi soir, le courant devait être rétabli en début de nuit, selon Info-Panne. Or, à son réveil le samedi matin, ce n’était pas encore le cas. Il n’a fait ni un ni deux et est allé louer une génératrice. Le rebranchement au réseau électrique s’est finalement fait autour de 17 h.

Après 25 heures sans courant, les réfrigérateurs de l’Auberge de Franquelin avaient eu le temps de réchauffer. Son propriétaire n’a eu d’autre choix que de jeter le contenu de ses frigos. Il n’y avait pas de risque à prendre.

Sans électricité, il a été impossible de servir le repas du soir aux clients le vendredi. « Les gens allaient manger à Baie-Comeau », précise M. Lavigne, en soulignant que ce n’était pas toujours de gaieté de cœur que des touristes arrivant de Québec doivent retourner à Baie-Comeau. Le samedi matin, ça n’a pas été trop pire. « On a fini par faire un déjeuner qui avait l’air d’un déjeuner », raconte-t-il.

« Il y a quelque chose qui ne va pas avec cette boite-là (Hydro-Québec). Il n’y a aucune information qu’on peut avoir qui n’est pas filtrée. C’est supposé d’être à nous et on n’a pas notre mot à dire », conclut M. Lavigne.

L’homme d’affaires est propriétaire de l’Auberge Franquelin depuis 10 ans. Il exploite son entreprise de la fête des Patriotes en mai jusqu’à l’Action de grâce en octobre. Le reste du temps, il habite la région des Laurentides.

 

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