Un débat respectueux sans grandes révélations

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 20 septembre 2018
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André Desrosiers, de la Coalition avenir Québec, Jonathan Lapointe, du Parti libéral du Québec, et Martin Ouellet, du Parti québécois, ont participé au débat organisé par Radio-Canada au cégep mercredi. Photo Le Manic

Baie-Comeau  – Le débat de mercredi (19 septembre) opposant trois des cinq candidats de la circonscription de René-Lévesque a donné lieu à des échanges respectueux et quelques pointes lancées à l’occasion, mais à peu de grandes révélations sur les différents thèmes abordés.

Organisé par Radio-Canada Côte-Nord au cégep de Baie-Comeau, le rendez-vous a mis en présence Martin Ouellet, du Parti québécois, Jonathan Lapointe, du Parti libéral, et André Desrosiers, de la Coalition avenir Québec. Sandrine Bourque, de Québec solidaire, et Éric Barnabé, du Parti conservateur du Québec, ont décliné l’invitation.

L’accessibilité au territoire, la santé, l’environnement, le développement et la diversification économique ainsi que la population et l’emploi ont été décortiqués sous différents angles, de façon à permettre aux trois participants d’exprimer leur vision de la situation et la façon d’améliorer les choses.

Avantagé par trois années de mandat comme député de René-Lévesque, M. Ouellet a démontré sa connaissance des grands dossiers de l’heure de sa circonscription avec plusieurs données statistiques pour étayer ses propos. Évidemment, comme il fallait s’y attendre, les trois participants ont rappelé les réalisations de leur organisation politique par rapport au sujet abordé et leurs intentions pour l’avenir.

À titre d’exemple, à une question touchant ce qu’ils peuvent faire pour assurer des tarifs aériens raisonnables, le libéral Jonathan Lapointe a souligné que le sommet sur le transport aérien région organisé par Québec en février 2018 avait permis de marquer des points, tandis que le péquiste Martin Ouellet a plutôt insisté sur les gestes que son parti veut poser pour s’attaquer au monopole d’Air Canada. Pendant ce temps, le caquiste André Desrosiers leur rappelait que le transport aérien est de juridiction fédérale et, qu’à ce titre, des discussions s’imposaient avec Ottawa.

En matière de santé, les candidats ont été questionnés sur les façons de faire afin d’empêcher les multiples ruptures de service qu’ont connues les urgences de Forestville et des Escoumins, mais n’avaient évidemment pas de recette magique. L’élargissement du champ de pratique des infirmières a été noté par M. Desrosiers tandis que son adversaire libéral faisait la promotion d’une table de concertation concernant le recrutement de main-d’œuvre et que le péquiste pointait les conséquences négatives de la réforme Barrette.

L’économie

Pour encourager le développement économique, il faut mettre en place des programmes pour aider les jeunes à racheter des entreprises, et ce, avec le soutien d’Investissement Québec, a proposé M. Ouellet. L’assouplissement des règles pour se lancer en affaires serait une solution, croit pour sa part M. Desrosiers.

Quant à M. Lapointe, il considère que le Fonds d’appui au rayonnement des régions (FARR) est « vraiment la solution pour encourager les gens à se lancer en affaires ».

Dans le dossier de l’exode de la population à freiner, le péquiste a souligné l’engagement de son parti à augmenter les crédits d’impôts aux finissants qui reviennent travailler en région. Son adversaire libéral lui a rappelé que ce n’est pas seulement un soutien financier qui ramènera les jeunes, mais bien un emploi dans leur domaine d’études. Pour sa part, le caquiste considère que la qualité de vie en région est « un enjeu majeur » pour freiner l’exode.

Les trois débatteurs ont aussi été invités à se prononcer sur les façons de faire pour favoriser l’immigration en région. « Ce n’est pas en baissant le taux d’immigration qu’on va en attirer plus », a alors lancé le libéral, en décochant une flèche au caquiste, qui a répondu ainsi : « Nous à la Coalition avenir Québec, on veut en prendre moins, mais en prendre soin ».

Préoccupations du public

Que ce soit directement sur place au cégep ou encore par l’entremise d’Internet, le public a pu poser des questions aux candidats.

La pénurie de main-d’œuvre dans le monde de la santé, l’abolition de la direction régionale du ministère de la Culture et des Communications et l’appui aux pourvoiries de la Côte-Nord sont parmi les sujets qui ont été abordés, tout comme les réinvestissements dans les cégeps, les façons d’encourager le vote chez les jeunes électeurs et le soutien aux groupes communautaires.

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