Des étudiants en santé courtisent les jeunes de Pessamit

Par Charlotte Paquet 3:16 PM - 01 mai 2019
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On aperçoit ici le Dr Stanley Vollant, chirurgien, qui vient d’offrir à un groupe d’étudiants des conseils touchant la technique de points de suture sur une pelure de banane, rien de moins! Photos Le Manic

Baie-Comeau – Une quarantaine d’étudiants en sciences de la santé de l’Université Laval ont convergé vers l’école secondaire Uashkaikan de Pessamit, les 29 et 30 avril, afin d’encourager les étudiants à persévérer dans leurs études et les inspirer à se diriger vers une carrière en santé, et ce, en présence du Dr Stanley Vollant, originaire de Pessamit et premier chirurgien autochtone au Québec.

La délégation en était à son deuxième passage dans la communauté depuis l’automne 2018 dans le cadre du projet de mini-écoles de la santé en milieu autochtone, une idée du Groupe d’intérêt en santé autochtone de l’Université Laval. Il y a quelques mois, c’est à l’école primaire que les universitaires s’étaient rendus afin de faire la promotion des saines habitudes de vie.

Comme l’explique le responsable des communications du comité organisateur de l’événement, Frédérick Gravel, cette fois-ci, les jeunes Innus ont assisté en classe, selon leur degré, à des ateliers traitant de santé mentale, de drogues et alcool et de sexualité.

Par la visite de neuf kiosques, ils ont aussi pu s’imprégner un tant soit peu d’une carrière en médecine, en sciences infirmières, en nutrition ou en kinésiologie, entre autres choses. Grâce à des expérimentations, notamment la réalisation de points de suture sur une pelure de banane, rien de moins!, et une approche plutôt ludique, le mythique jeu Opération en faisait partie, les universitaires ont tenté de capter l’intérêt.

Si l’on se fie à quelques témoignages obtenus sur place, les jeunes Innus ont apprécié la formule. Rencontrés au kiosque du programme de physiothérapie, Allan Vollant-Fontaine et Leyna Hervieux-Vollant étaient d’ailleurs tout sourire en confiant être respectivement intéressés par la médecine et les sciences infirmières.

Un peu plus tard, Leslie Riverin et Camille Goupil confiaient avoir trouvé intéressante la tournée des kiosques, elles qui n’avaient pas encore eu l’occasion d’assister à un atelier en classe. Elles ont été particulièrement intéressées par la psychologie et les sciences infirmières.

« C’est sûr qu’on allume beaucoup d’étincelles », se réjouit Frédérick Gravel, tout en soulignant que le comité organisateur de l’événement compte un beau modèle pour les jeunes de Pessamit, en l’occurrence Eve Martin-Riverin, étudiante en médecine originaire de la communauté.

Du donnant-donnant

Inspiré d’un modèle développé en 2011 à l’Université de Montréal par le Dr Stanley Vollant, originaire de Pessamit et premier chirurgien innu au Québec, le projet de mini-écoles des sciences de la santé va encore plus loin que la persévérance scolaire et les carrières dans le domaine.

« On a aussi en vue d’intéresser les étudiants de l’Université Laval à venir pratiquer sur la Côte-Nord », souligne Frédérick Gravel, après avoir précisé que la délégation a pu visiter le centre de santé de Pessamit et constater les besoins criants.

Selon le porte-parole, les deux jours passés à Pessamit ont également permis aux étudiants universitaires d’en apprendre plus sur la clientèle innue, son mode de vie et sa culture. « Autant nous on vient ici pour donner le goût de persévérer et parler de bonnes habitudes de vie, autant nous aussi on apprend sur cette culture-là qui est tout simplement magnifique. C’est un échange culturel », précise-t-il.

Fait à noter, le choix de Pessamit pour la tenue de mini-écoles des sciences de la santé en milieu autochtone s’explique par une question de bassin géographique de l’Université Laval. Le projet devrait se poursuivre.

Une activité de sensibilisation du genre s’est aussi déroulée au sein de la communauté Wendake dans la région de Québec.

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