La détresse et l’enchantement : Marie-Thérèse Fortin ravive la mémoire de Gabrielle Roy

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Par Éric Martin
La détresse et l’enchantement : Marie-Thérèse Fortin ravive la mémoire de Gabrielle Roy
Marie-Thérèse Fortin éprouve un immense plaisir à incarner sur scène Gabrielle Roy. Elle est visiblement heureuse de pouvoir faire vivre aux gens des moments marquants de son histoire. Photo Yves Renaud

Seule sur scène, Marie-Thérèse Fortin se glissera dans la peau de Gabrielle Roy, une auteure franco-manitobaine à qui l’on doit notamment Bonheur d’occasion. Dans La détresse et l’enchantement, la comédienne nous fait revivre des moments marquants de son histoire à travers ses mots. On pourra la voir sur scène ce 24 février au Centre des arts de Baie-Comeau.

Marie-Thérèse Fortin a travaillé à toutes les étapes de la réalisation de ce projet théâtral qui lui tenait à cœur depuis un bon moment. « J’y travaillais depuis longtemps. Je laissais traîner ça dans mes tiroirs. Il y a quelques années, quand j’ai terminé une série télé (Mémoires vives), j’avais du temps et la maturité qu’il faut pour m’y attaquer. Ça me semblait juste de porter sur scène sa parole », explique-t-elle.

Le titre de cette pièce est celui de l’autobiographie de Gabrielle Roy, publiée un an après son décès en 1984. « Ce qui est le plus triste, c’est qu’elle n’a pas pu profiter de son impact. C’est l’une de ses plus grandes œuvres. C’est la quête d’une jeune femme qui veut devenir ce qu’elle est, raconte-t-elle. Cependant, la relation complexe qu’elle entretient avec sa mère vient compliquer les choses. »

En effet, cette relation fusionnelle avec sa mère occupe une place importante dans ses œuvres littéraires. « Sa mère a nourri son imaginaire. Elle s’est battue toute sa vie pour la venger. Elle a dû l’abandonner pour se reconstruire une vie. Ça a été un déchirement toute sa vie. Cette coupure était nécessaire », indique la comédienne qui lui voue un amour inconditionnel.

Une démarche sincère

Lorsqu’elle s’est décidée à interpréter le rôle de Gabrielle Roy, Marie-Thérèse Fortin n’a aucunement cherché à l’imiter sur scène. « Je ne l’ai pas connue. Je n’ai vu qu’une vidéo d’elle et elle avait un accent français prononcé. C’est surtout son esprit que je voulais transposer sur scène, insiste-t-elle. On oublie souvent que c’est par le théâtre qu’elle a accédé à la littérature. »

Les mots prononcés dans La détresse et l’enchantement sont réellement ceux de Gabrielle Roy. « C’est son souffle que l’on retrouve dans la pièce. Ce sont ses mots. Je n’ai rien modifié. J’ai fait un montage à partir de ce qu’elle a écrit. Elle a le tour de faire en sorte de rendre un récit limpide. J’interprète aussi des personnes qu’elle a côtoyées. Je modifie au besoin ma voix et joue aussi avec des accessoires. »

Le décor de la pièce reproduit un bord de mer à Petite-Rivière-Saint-François. C’est dans cette municipalité de Charlevoix que cette figure marquante de la littérature a écrit son autobiographie. « C’est là qu’on a décidé d’y situer l’action. Ses strates de rocher se comparent à la mémoire. Tout est sujet à ramener des souvenirs.  La nature était pour elle une grande source d’inspiration. Elle était une environnementaliste avant l’heure », confie l’artiste.

Une amoureuse du théâtre

Comme plusieurs le savent déjà, Marie-Thérèse Fortin a fait ses premières armes au théâtre avant de se faire connaître à la télévision d’un plus large public. Elle a même exercé le métier de directrice de théâtre durant quinze ans. Ceci lui a permis d’avoir un regard différent sur le métier qu’elle exerce.

« C’était une autre façon de faire mon métier. J’étais à la fois tourné vers les artistes et vers le public. J’accordais beaucoup d’importance à la médiation culturelle. J’ai adoré ce travail de direction. Je suis cependant contente d’avoir repris mon travail de comédienne à titre de pigiste », lance-t-elle en concluant cette entrevue.

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