La charge mentale des femmes : de la réalité à l’espoir

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Par Charlotte Paquet
La charge mentale des femmes : de la réalité à l’espoir
Journaliste, blogueuse, auteure et conférencière, Maude Goyer a parlé de la charge mentale des femmes à Baie-Comeau et à Forestville dans le cadre des activités de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars.

Même s’il n’est pas nouveau en soi, le phénomène de la charge mentale des femmes fait de plus en plus l’actualité. Malgré la lourdeur de cette réalité, l’espoir demeure, estime la conférencière Maude Goyer.

Également journaliste, blogueuse et auteure du livre Maman est partie chercher du lait, paru en octobre 2018, Mme Goyer a passé quelques jours sur la Côte-Nord à la fin de la semaine dernière afin d’aborder les tenants et les aboutissements de la charge mentale des femmes à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, soulignée jeudi à Baie-Comeau et vendredi à Forestville.

C’est la sortie de son livre et les entrevues qui ont suivi qui lui ont fait réaliser que la charge mentale, qui fait beaucoup jaser en France depuis longtemps, piquait la curiosité au Québec. Même s’il n’est pas nouveau, le thème est surtout revenu à la mode depuis 2017 à la suite de la sortie en sol français d’une bande dessinée intitulée Fallait demander, précise la conférencière en entrevue.

Mais qu’est-ce que la charge mentale? Elle fait référence à la double journée des femmes, répond Maude Goyer. « Quand on est à la maison, on pense à ce qu’il y a à faire au travail et quand on est au travail, on pense à tout ce qu’on a à faire à la maison et qu’on n’a pas eu le temps de faire. »

Elle considère qu’aujourd’hui, avec l’évolution du féminisme et les acquis obtenus dans divers domaines, le moment est venu de parler de la charge mentale. Selon elle, le partage des tâches est à peu près réglé. « Mais est-ce que tout le monde pense aux tâches de la même façon, c’est là, que je pense qu’il y a encore de l’amélioration à faire. »

Pourquoi?

Si les femmes en ont plein les bras par rapport aux hommes, est-ce leur faute? Faut-il leur demander de lâcher prise tout simplement?

« Une des choses que je déteste le plus entendre, c’est qu’il faudrait que les femmes lâchent prise. C’est comme si on disait aux femmes que c’est elles le problème, qu’elles sont des Germaine et que c’est à elles de changer, alors que le principal enjeu dont il faut parler, c’est la prise d’initiative des hommes. »

D’après Maude Goyer, les femmes ne se mettent pas de la pression, mais subissent la pression. Elles ont investi le marché du travail, mais ont conservé tout ce qui concerne les choses domestiques.

Des solutions

Pour renverser la vapeur, il faut communiquer et exprimer ses besoins. « Ça part d’une communication ouverte, de nommer les besoins. Il faut faire le point. Faire une liste des tâches que chacun fait sans pointer du doigt et ensuite qui pense à ces tâches-là. La charge mentale, ce n’est pas de faire, c’est de penser », insiste la conférencière. À titre d’exemple, elle souligne que ce n’est pas seulement qui va faire le repas, mais qui va penser à ce qu’on va manger, qui va faire la liste d’épicerie.

« C’est sûr que c’est pas glamour la charge mentale, car on parle de laver les bas des enfants, préparer le sac de soccer du petit, signer les papiers de la garderie. Pourtant, c’est réel et ça occupe les pensées des femmes et des mères beaucoup beaucoup et pendant ce temps-là, les hommes avancent. C’est comme si on faisait du travail invisible pour eux. »

Au-delà de la liste à faire, Maude Goyer suggère la mise en place d’un calendrier partagé, comme il en existe d’ailleurs en ligne, précise-t-elle. À titre d’exemple, ce calendrier peut indiquer qui doit penser et s’occuper d’aspects de la vie de famille.

La conférencière invite aussi les femmes à être prudentes avec l’utilisation des réseaux sociaux qui, selon ce qu’on y trouve, peuvent créer un faux sentiment de ne pas en faire assez.

Enfin, elle suggère aussi d’impliquer les enfants dans le bon déroulement du quotidien de la famille.

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