La STQ dans le rouge à cause du F.-A.-Gauthier

Par Charlotte Paquet 8:30 AM - 05 mai 2020
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Les déboires du F.-A.-Gauthier à la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout expliquent une large part du déficit d’opération de 43 M$ du dernier exercice financier de la Société des traversiers du Québec.

Les déboires à la traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout de décembre 2018 à janvier 2020 ont coûté cher à la Société des traversiers du Québec (STQ) et expliquent une large part du déficit de son dernier exercice financier.

Pour permettre à la STQ d’équilibrer son budget 2019-2020, le gouvernement du Québec a dû allonger 43 M$ de plus que ses prévisions initiales de 161 M$.

Or, la majeure partie de la somme, soit entre 25 et 30 M$, est associée aux problèmes du F.-A.-Gauthier, confirme le porte-parole de la société, Alexandre Lavoie, qui parle de « dépenses exceptionnelles liées à l’aventure à Matane ».

Ce manque à gagner s’est toutefois échelonné sur deux exercices financiers, soit une somme de 32 M$ pour la période terminée le 31 mars 2020 et 11 M$ pour 2018-2019. Rappelons que le navire avait été mis K.O. en décembre 2018.

« Le gouvernement a décidé de donner 43 M$ spécialement pour éponger ce déficit. C’est un versement non récurrent. À partir de l’an prochain, le budget va redescendre, mais en tenant compte de l’augmentation des actifs », indique M. Lavoie.

Des exemples de coût

Parmi les décisions qui ont eu un coût important pendant la longue période d’inactivité du navire, on peut penser à l’affrètement de navires de la Coopérative de transport maritime et aérien (CTMA) des Îles-de-la-Madeleine, aux liaisons aériennes, et à l’achat de l’Apollo, ce rafiot qui a été en opération pendant moins de 20 jours.

La part du lion revient assurément aux travaux de réparation et d’entretien réalisés sur le F.-A-Gauthier pendant ces longs mois, dont les derniers fin 2019 et début 2020 pour un problème de moteurs apparu lors du transit de décembre entre Lévis et Matane.

Le déficit de 43 M$ englobe aussi les 8 M$ associés à deux périodes de cale sèche du navire, soit celle de 2018 qui a été retardée et celle de 2020 qui a été devancée.

De plus, il y a eu l’achat du Saaremaa I, conclu plus tôt que prévu en raison de la situation avec le F.-A.-Gauthier, même s’il était dans les plans de la STQ. Au budget 2019-2020, cela a représenté 5,5 M$ en frais d’amortissement.
M. Lavoie ajoute à la liste le manque à gagner de 3,4 M$ du côté de la billetterie à la traverse Matane-Côte-Nord et, finalement, la mise au rancart du Lucien-L. à la traverse de Sorel, réalisée au coût de 2,5 M$.

Des bateaux à payer

Déficit ou pas, le budget de fonctionnement de la Société des traversiers du Québec devait tout de même subir une augmentation importante de 2018-2019 à 2019-2020, et ce, en raison principalement de la hausse de la valeur des actifs en immobilisations de l’organisation.

Les prévisions budgétaires sont ainsi passées de 127 M$ à 161 M$ en un an, mais c’était sans compter le déficit de 43 M$.

Au sujet des actifs désormais associés aux dépenses récurrentes, le porte-parole cite les 20 M$ liés au Jos-Deschênes II et au Armand-Imbeau II à la traverse de Tadoussac-Baie-Sainte-Catherine. Les quelque 325 M$ consentis pour l’acquisition des deux traversiers sont amortis sur plusieurs années, un peu comme l’hypothèque associée à l’achat d’une propriété.

À cette colonne des activités récurrentes, le porte-parole ajoute les quelque 10 M$ additionnels pour faire face à la hausse normale des dépenses de fonctionnement.

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