La pandémie accentue la pénurie de préposés en hébergement privé

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Par Charlotte Paquet
La pandémie accentue la pénurie de préposés en hébergement privé
Propriétaire du Centre de convalescence Pie-XII, Jimmy Talbot espère que dans l’après-pandémie, la prime de 4 $ l’heure versée aux préposés aux bénéficiaires des ressources intermédiaires sera maintenue.

Plutôt méconnues avant la crise du coronavirus, les ressources intermédiaires (RI) d’hébergement sont sorties de l’ombre depuis deux mois et, par le fait même, le travail de leurs préposés aux bénéficiaires pour un salaire dérisoire a été mis en lumière.

« Les ressources intermédiaires, ça fait longtemps que ce sont les oubliées du réseau. Avec la crise, on en entend de plus en plus parler », souligne Véronique Blais, conseillère pour l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ). Sur la Côte-Nord, l’organisme compte 29 établissements qui accueillent 300 personnes et embauchent 193 préposés.

Le regroupement souhaite qu’une fois la crise passée, le problème de sous-financement des ressources intermédiaires soit réglé, leur permettant ainsi de payer leurs préposés à la hauteur de leurs responsabilités.

Mme Blais martèle que l’écart salarial entre les préposés du réseau de la santé et ceux du privé est « injustifié et incompréhensible. »

La situation au Centre Pie-XII

Propriétaire du Centre de convalescence Pie-XII à Baie-Comeau, Jimmy Talbot rappelle que le salaire moyen d’un préposé aux bénéficiaires était de 14 $ l’heure avant la crise. Une prime consentie par Québec l’a ensuite fait passer à 18 $ l’heure.

Or, les derniers incitatifs financiers annoncés par Québec, qui alloue un salaire de 21 $ l’heure aux personnes acceptant d’aller travailler dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée, même sans aucune formation, n’ont rien pour retenir les préposés du côté des ressources intermédiaires, s’inquiète M. Talbot.

Même si elles sont financées à 100 % par l’État, les ressources intermédiaires ne peuvent concurrencer les salaires offerts dans le réseau de la santé. Tout comme l’ARIHQ, M. Talbot souhaite que dans l’après-pandémie, ses préposées conservent à tout le moins 4 $ l’heure de plus. « Nous, ce qu’on demande, c’est travail égal, salaire égal. C’est notre revendication première », martèle-t-il.

Habituellement, la ressource intermédiaire compte huit préposées. Or, l’une a démissionné récemment et l’autre est en congé de maladie. « C’est toujours difficile le recrutement. On avait des problèmes avant la crise et là, c’est pire. Notre crainte, c’est d’en perdre encore. »

Depuis le début de la pandémie, les 29 ressources intermédiaires de la Côte-Nord ont fait face à neuf démissions de préposés, tandis que six autres personnes ont été retirées en raison des consignes de la santé publique. Au total, il manque aujourd’hui 45 préposées dans la région.

Depuis le début de la crise, au Québec, les RI ont perdu 1 805 de leurs préposés.

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