Le masque, vrai problème pour les enfants ayant des particularités

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Par Laurence Dupin
Le masque, vrai problème pour les enfants ayant des particularités

Après l’annonce du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge sur le plan pour la rentrée scolaire, la Fédération québécoise de l’autisme a rapidement réagi. Mais de nombreux parents sont aussi très inquiets.

Les parents d’enfants souffrant de handicap ou ayant des retards en développement ont accueilli les annonces du gouvernement avec inquiétude. Le Nord-Côtier a rencontré Geneviève Martin, dont le fils aîné est autiste et qui connait de nombreux parents qui se retrouvent confrontés à une situation stressante.

En ce qui concerne les enfants autistes, « ils ne regardent pas les gens dans les yeux très souvent. Ils regardent plus la bouche et mettre un masque, c’est comme si on mettait un sac en papier sur la tête de la personne qui se trouve en face d’eux », confie Geneviève Martin.

De plus, porter le masque « peut être une réelle torture pour eux ». Ces enfants ont souvent besoin de repères, de régularité mais le port du masque est un véritable casse-tête. « Parfois il faut le mettre, parfois il ne faut pas. Parfois, on le met alors que ce n’est pas la peine. Pour mon garçon c’est très stressant, très perturbant ».

Pour Geneviève Martin, il faudrait que les règles soient plus claires. « Il faudrait que ce soit pareil pour tout le monde! De plus, la distanciation avec des enfants handicapés, ça ne fonctionne pas! Ils ont besoin d’aide pour beaucoup de choses, parfois d’être stimulés notamment par des contacts physiques. Ces enfants ont besoin de soutien. »

Autre problème, dans la classe de son garçon la majorité des élèves a moins de 10 ans, mais un garçon est plus âgé. Comment expliquer que lui doive porter un masque et pas les autres? De plus, pour cette maman, pour que le masque soit réellement efficace, il faudrait le jeter une fois assis en classe. Il faudrait ensuite bien se laver les mains pour pouvoir en remettre un nouveau lors des déplacements dans l’établissement. « La majorité des gens ne portent pas le masque comme il faut donc c’est inefficace. Imaginez la difficulté pour des enfants! »

«Mon avis est que je ne comprends pas pourquoi on laisse la Côte-Nord ouverte car il n’y a pas de cas ici. Nous n’avons pas de pandémie ici. Cela nous permettrait de laisser tomber les masques, la distanciation… Il faudrait que les règles imposées par le gouvernement soient différentes d’une région à l’autre », renchérit Geneviève Martin.

Réaction de la Fédération de l’autisme

« Les mesures particulières et adaptées pour les élèves handicapés ou en difficultés d’apprentissage ou d’adaptation n’étaient pas présentes dans cette première mouture du plan annoncé. Certes, des informations circulent actuellement sur la rédaction d’une éventuelle annexe s’adressant aux élèves vivant avec des conditions particulières. Pourquoi faut-il que les personnes en situation de handicap et les personnes autistes soient ainsi traitées dans un deuxième temps? », s’interroge la Fédération.

Pour elle, cette façon d’agir « laisse croire que les autorités et le gouvernement s’intéressent aux personnes handicapées comme des personnes à part, des cas d’exceptions, pratiquement des passagers de deuxième classe ».

L’organisme insiste sur le fait que de telles façons d’agir ne permettent pas aux personnes autistes « d’avoir le sentiment d’être membres à part entière de la société québécoise ».

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