COVID-19 : dommages collatéraux à craindre chez les travailleuses de la santé avec la deuxième vague

Par Charlotte Paquet 3:01 PM - 02 octobre 2020
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On aperçoit Nathalie Savard (SIISNEQ), Sonia Éthier (CSQ) et Claire Montour (FSQ) devant l’hôpital de Baie-Comeau lors du point de presse de vendredi matin.

Craignant que d’autres de leurs membres tombent au combat avec la deuxième vague de COVID-19, des organisations syndicales réclament du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord (CISSS) des plans de sauvetage pour soutenir le personnel.

En point de presse  devant l’hôpital de Baie-Comeau vendredi matin, les présidentes de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Éthier, de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), Claire Montour, et du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ-CSQ), Nathalie Savard, ont annoncé le lancement d’une offensive sur le thème 2e vague : On veut pas se noyer.

Par cette campagne, elles disent vouloir obliger la direction du CISSS à dévoiler son plan de match pour aider ses employés en allant plus loin que « le simple discours racoleur des anges gardiens et présenter de vraies mesures de soutien ».

Fait à noter, quelques heures après la sortie syndicale, le CISSS faisait le point sur la situation dans un communiqué ayant pour titre « Une région fragilisée, mais un CISSS prêt ». Il est possible d’en savoir plus en cliquant ici.

Vague de départs

Une vague de départs et de congés pour maladie s’observe depuis le printemps en raison de la pandémie, selon Nathalie Savard, qui déplore que l’employeur ne semble pas en tirer de leçon à l’aube de la deuxième vague.

Mme Savard, dont le syndicat représente les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de la Côte-Nord, affirme n’avoir jamais entendu autant de membres parler de démissions, que ce soit une intention ou la réalité.

Elle raconte d’ailleurs l’histoire de cette infirmière de plus d’une vingtaine d’années d’expérience qui a démissionné pour aller travailler au Tim Horton et qui s’en dit très heureuse.

« Les conditions de travail sont devenues insoutenables sur la Côte-Nord. La crise sanitaire est venue accentuer la pénurie de personnel », affirme la présidente.

Horaires de 12 heures

Pourtant, dit-elle, le syndicat a proposé une solution pour améliorer la situation, mais ce fut en vain.« Pendant la crise, le CISSS a sollicité notre aide afin de faciliter la gestion des horaires devenue difficile due au manque de personnel. Nous leur avons donc proposé des ententes de travail de 12 heures avec bonifications des conditions de travail pour les membres, mais le CISSS a refusé. »

Pendant ce temps, le recours aux agences privées augmente et leurs employés obtiennent des contrats lucratifs et des horaires de travail plus attrayants que ceux offerts aux employés sur place, dénonce encore Nathalie Savard.

Le syndicat s’insurge aussi contre la création de nouveaux postes de rotation de jour et nuit et de jour et soir plutôt que des postes de jour.

Enfin, concernant les mesures d’attraction de volontaires au sein de l’équipe de renfort COVID-19, sous forme de forfaits touristiques à gagner, Mme Savard considère que le CISSS est en train de s’improviser en agence touristique. « À défaut d’offrir des conditions de travail attrayantes, on organise des tirages. (…) C’est ridicule! »

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