Une traversée sur quatre annulée en décembre : un pont aérien réclamé entre Matane et la Côte-Nord

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Par Charlotte Paquet
Une traversée sur quatre annulée en décembre : un pont aérien réclamé entre Matane et la Côte-Nord
Le Saaremaa I a éprouvé bien des difficultés avec les vagues au large au cours du mois de décembre. (Photo : Société des traversiers du Québec)

La traverse Matane-Baie-Comeau-Godbout a annulé près d’un départ sur quatre au cours du mois de décembre. Pour les députés péquistes Martin Ouellet et Pascal Bérubé, c’en est trop et la Société des traversiers du Québec (STQ) doit s’engager à remettre en service un pont aérien quand la situation l’exige.

Du 1er au 31 décembre, le Saaremaa I a été incapable d’assurer 28 des 104 traversées prévues à l’horaire en raison des conditions de navigation défavorables, révèlent les chiffres fournis par le porte-parole de la STQ, Bruno Verreault, qui parle d’un taux d’efficacité de 73 %.

« Nous sommes conscients des inconvénients que les annulations ont pour la clientèle. Surtout qu’en décembre, on n’a pas été chanceux », admet la voix de la STQ. La direction des vents a fortement influencé les vagues au large, d’où l’impossibilité du Saaremaa I de les affronter. « Ce n’était pas des problèmes pour accoster. »

Deux périodes critiques ont été observées le mois dernier, soit celles du 13 au 16 décembre et du 26 au 31 décembre. Aucune traversée n’a pu être faite pendant plusieurs de ces journées tandis qu’un seul des deux allers-retours a été respecté d’autres jours.

Il n’en fallait pas plus pour que le député péquiste de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, réclame la mise en place d’un service aérien dès la deuxième journée complète de traversées annulées. Son collègue de René-Lévesque, Martin Ouellet, abonde dans le même sens.

Déplacements essentiels

Les deux députés ne l’exigent pas pour les voyages d’agrément, qui sont déconseillés fortement de toute façon en raison de la pandémie, mais uniquement pour les déplacements essentiels, notamment ceux de voyageurs ou encore de personnes nécessitant des soins de santé.

Et là, pas question de noliser des avions, comme ce fut déjà le cas dans les débuts de la saga des traversiers, mais bien de profiter des sièges disponibles dans les avions de compagnies aériennes déjà en place.

« Le pont aérien devient essentiel dans certains cas. On ne demande pas de noliser des avions. On est ailleurs, on est en confinement, on est en pandémie. Les gens ne doivent voyager que pour des besoins essentiels », rappelle Martin Ouellet.

La récente interruption saisonnière du service de la traverse Rivière-du-Loup-Saint-Simon est venue compliquer encore plus les déplacements d’une rive à l’autre lorsque le Saaremaa I doit déclarer forfait. « C’est catastrophique », poursuit le député, en notant qu’il faut désormais faire le grand tour par Québec avec les désagréments qu’il apporte aussi aux entreprises de transport.

Une bonne chose

Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Manicouagan, Antonio Hortas verrait également d’un bon œil la mise en place d’un pont aérien entre les deux rives pour permettre d’assurer la libre circulation des personnes.

Par ailleurs, il n’est pas étonné des déboires du Saaremaa I en décembre. « On s’y attendait. Tout le monde est conscient des limites du Saaremaa. Pour le moment, on doit vivre avec », ajoute-t-il, en notant l’impact majeur pour l’industrie du camionnage.

Le président tient cependant à souligner l’écoute de la STQ à une suggestion de la chambre de commerce avec la mise en place d’un système d’alerte pour permettre aux clients de prévoir suffisamment tôt les possibles annulations de traversées afin de préparer leur plan B. « On avait présenté quelque chose de plus évolué, de plus complet, mais on va relancer. »

Le plan de la STQ

Invité à réagir à la requête des deux députés Ouellet et Bérubé, Bruno Verreault a confirmé que la STQ est sur le point de présenter son plan pour optimiser l’utilisation du Saaremaa I pendant la période hivernale, plan dont elle avait fait mention à la fin novembre.

Il refuse de s’avancer sur l’inclusion possible d’une liaison aérienne dans certaines situations. « Tout va dépendre des protocoles pour l’utilisation du Saaremaa I et pour assurer le service à la clientèle. »

Faut-il rappeler que le Saaremaa I assure la desserte maritime entre Matane et la Côte-Nord depuis le 23 novembre après une défectuosité observée à un joint d’étanchéité du F.-A.-Gauthier à peine une semaine après son passage de près de deux mois en cale sèche. Il devrait être de retour en service à la fin de février.

 

 

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