TREQ n’est pas la solution pour Baie-Comeau, martèle le maire Montigny

Par Charlotte Paquet 7:00 AM - 07 avril 2022
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Comme la desserte de Baie-Comeau ne fait pas partie de sa première phase de déploiement au Québec, la coopérative TREQ n’est pas la solution pour la relance économique de sa ville, insiste le maire Yves Montigny. Photo TREQ

Le ministre des Transports, François Bonnardel, doit publier dans les prochains jours son plan de relance du transport aérien régional au Québec et le maire Yves Montigny souhaite de tout cœur qu’il contienne des mesures pour aider les transporteurs déjà en place, car il considère que la coopérative TREQ n’est pas la solution pour Baie-Comeau.

C’est ce que M. Montigny a souligné à grands traits, lundi matin, au cégep de Baie-Comeau, alors que le ministre de l’Économie et de l’Innovation et ministre responsable du Développement économique, Pierre Fitzgibbon, était interpellé sur le dossier du transport aérien régional.

Après avoir dit s’attendre à une annonce qui « donnera un accès à des dessertes plus organisées à des coûts réduits », M. Fitzgibbon a reconnu que son ministère a reçu plusieurs demandes de compagnies aériennes et qu’il verra, une fois dévoilé le plan du ministre Bonnardel, comment il peut les aider, si aide il y a.

Il n’en fallait pas plus pour que le maire Montigny prenne la balle au bond pour livrer le fond de sa pensée. Bien que le projet de la coopérative de Transport régional du Québec (TREQ) soit poussé par plusieurs élus sur la Côte-Nord, Baie-Comeau n’y gagnera pas puisque la ville n’est pas sur son radar pour sa première phase de déploiement.

Pourquoi juste TREQ?

« Pourquoi mettre toutes nos billes dans TREQ s’ils ne desservent pas Baie-Comeau », s’interroge Yves Montigny, qui s’est dit surpris de la sortie du Parti québécois, et de son député dans René-Lévesque, Martin Ouellet, ainsi que de la CSN en faveur de la coopérative, en février dernier, à l’Assemblée nationale.

« Ce n’est pas une solution pour la reprise économique, cette compagnie-là, pour Baie-Comeau. Pour moi, ce que j’espère dans l’annonce du ministre Bonnardel, c’est des éléments qui vont aider notre relance aérienne maintenant. Il y a des compagnies existantes, maintenant, qui ont besoin d’aide pour avoir une desserte fiable, pour que nos citoyens puissent voyager Québec, Montréal », indique M. Montigny, dont la ville est desservie par Pascan et Air Liaison.

Yves Montigny ne nie pas que TREQ peut être « une très bonne solution pour Sept-Îles » et ses plus de 60 000 passagers par année, comparativement à 16 000 à Baie-Comeau, selon des chiffres d’avant-pandémie. « On n’a pas la capacité de remplir un Q400 (Bombardier de 75 places). C’est plus gros que ce qu’Air Canada avait ici. »

Le maire s’attend aussi que Baie-Comeau soit inscrite à la liste de villes où les passagers bénéficieront d’un programme de rabais du coût de leurs billets d’avion. « Les gens de Baie-Comeau ne peuvent aller prendre l’avion à Sept-Îles ou à Saguenay pour aller à Québec. Il faut qu’il y ait vraiment des tarifs avantageux à partir de Baie-Comeau. Je l’ai plaidé souvent à M. Bonnardel. »

La solution malgré tout

Malgré tout, le député Ouellet continue de dire que TREQ fait partie d’une solution à court terme pour le Québec, même si dans sa phase d’implantation, la coopérative ne sera pas présente partout. « Elle doit commencer à quelque part. Elle ne peut pas mettre des avions partout. »

Tout en disant comprendre le désenchantement du maire Montigny, le représentant de René-Lévesque est d’avis que le nouveau modèle coopératif est porteur d’espoir au chapitre de l’offre, de la fiabilité du service et des prix avantageux.

Enfin, concernant le programme de rabais sur le coût des billets, il ne fait aucun doute que Baie-Comeau en fera partie, selon Martin Ouellet. Par contre, ce qu’il ignore, c’est l’importance du rabais qui sera consenti.

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