Abandon des mini-centrales : Déception à Forestville et Pessamit

Par 12:00 AM - 08 février 2013
Temps de lecture :

Baie-Comeau – Les deux communautés nord-côtières directement touchées par l’abandon du projet de mini-centrales, soit celles de Forestville et de Pessamit, sont déçues de la décision du gouvernement du Québec.

Marlène Joseph-Blais et Shirley Kennedy

À Pessamit, le mécontentement s’est rapidement fait sentir après l’annonce faite par Québec le 5 février. Selon le chef du conseil de bande, René Simon, cette décision vient à l’encontre des propos récemment formulés par la première ministre Pauline Marois, selon lesquels le gouvernement souhaite accorder une plus grande autonomie aux communautés autochtones par le biais du développement économique. «Ce sont encore une fois les Innus qui vont payer le prix des soi-disant intérêts supérieurs de la nation québécoise. Nous avons un contrat avec Hydro-Québec et la ministre propose de vagues mesures compensatoires pour y mettre fin», a-t-il fait valoir, par voie de communiqué.

Selon M. Simon, il sera nécessaire pour les membres de la communauté de trouver un moyen de faire valoir leurs droits dans ce dossier. «Nos deux projets de mini-centrales sont à l’étude depuis 2001. Au cours des 12 dernières années, ils ont fait l’objet de tant de revirements et de tergiversations de la part des gouvernements péquistes et libéraux et de leur filiale Hydro-Québec, qu’on en arrive à se demander s’il y a une place pour les Autochtones dans le développement hydroélectrique», a observé le chef.

Forestville

En Haute-Côte-Nord, on parle d’une onde de choc pour décrire l’effet causé par la nouvelle de l’abandon du projet de mini-centrales. La mairesse de Forestville et préfet de la MRC de la Haute-Côte-Nord, Micheline Anctil, s’est dite extrêmement déçue de la tournure des événements. «Nous aurions eu là un projet de rapprochement majeur et je suis très déçue aussi pour nos entrepreneurs régionaux qui auraient pu bénéficier de retombées importantes lors de la construction de ces mini-centrales», a-t-elle mentionné, en ajoutant avoir l’intention de faire valoir son point de vue auprès du comité interministériel qui sera créé afin d’évaluer l’impact causé dans les régions touchées par la décision.

Mme Anctil a également fait mention des efforts, nombreux et constants que fait actuellement Forestville pour apporter une diversification à son économie. «Nous avions l’ambition que ce projet devienne un levier du développement touristique. Nous aurions pu mettre sur pied des visites guidées des centrales afin que les gens de passage à Forestville puissent prendre connaissance de la production hydroélectrique de telles mini-centrales, et bien plus encore», a-t-elle soulevé. La mairesse ne compte pas s’immiscer dans les discussions qui pourraient survenir entre Québec et Pessamit, mais elle compte bien observer les développements de près.

Appuis et oppositions

À la suite de l’annonce de l’abandon du projet, plusieurs organisations se sont rangées derrière le gouvernement et d’autres s’y sont opposées. C’est le cas de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, par la voix de son chef Ghislain Picard, qui estime que cette décision va à l’encontre de l’ouverture exprimée par le gouvernement à l’égard des Premières Nations. L’Union des municipalités du Québec a également accueilli la nouvelle avec consternation, À l’inverse, la Coalition avenir Québec et des organismes tels que Nature Québec ont salué cette décision.

 

Photo : Le chef du conseil de bande de Pessamit, René Simon, a endossé les propos du président la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux, demandant au gouvernement de revenir sur sa décision. (Archives Le Manic)

Partager cet article