Bilan 2012-2013 : Hausse des signalements à la DPJ sur la Côte-Nord

Par 12:00 AM - 23 septembre 2013
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Baie-Comeau – La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) de la Côte-Nord a enregistré 2 446 signalements en 2012-2013, ce qui représente une augmentation de 5,2 % par rapport à l’année précédente.

Marlène Joseph-Blais

«Depuis les cinq ou six dernières années, on a une augmentation. Les gens ont besoin de services, ça le démontre. Les gens appellent, ils ont besoin d’aide et, parfois, ils ne frappent pas à la bonne porte, mais il faut dispenser des services et continuer de travailler avec les organismes», a observé le directeur de la protection de la jeunesse de la Côte-Nord, Réjean Bergeron. Sur les 2 446 signalements traités, 1 137 ont été retenus. Dans le tiers des cas, il s’agit de problèmes de négligence avérés, tandis que 20 % des signalements concernent des risques sérieux de négligence.

Les données du Centre jeunesse de la Côte-Nord démontrent que 130,3 signalements ont été effectués pour chaque tranche de 1 000 enfants âgés de 1 à 17 ans. Outre l’Abitibi-Témiscamingue, dont la moyenne est de 134,6 sur 1 000, il s’agit du pire bilan parmi toutes les régions du Québec. Devant ce constat, M. Bergeron a attesté qu’il pourrait être nécessaire de revoir certaines façons de faire. «Est-ce qu’il faut modifier l’offre de services? 130 sur 1 000, c’est très questionnable. […] Ce qui est clair, c’est qu’on est la deuxième région avec le plus de signalements au Québec», a-t-il souligné.

Aucun dossier en attente

À pareille date l’an dernier, des dizaines de dossiers étaient en attente de traitement par la DPJ de la Côte-Nord. Aujourd’hui, ce problème a été résolu, en grande partie parce que le Centre de protection et de réadaptation de la Côte-Nord (CPRCN) a réussi à combler presque tous les postes vacants dans l’est de la région, à l’exception de deux toujours disponibles à Schefferville. «On n’a plus de liste d’attente en protection de la jeunesse sur la Côte-Nord et on espère que ça va se poursuivre encore plusieurs années», a affirmé M. Bergeron.

Le directeur de la protection de la jeunesse s’est montré fier de cette amélioration et convaincu qu’il sera possible de maintenir le personnel en place. De cette façon, les professionnels seront en mesure de dispenser leurs services avec toute l’intensité nécessaire et d’éviter les listes d’attente. «À 15 dossiers, on peut le gérer. L’an passé, je n’étais pas à l’aise de vous dire qu’on avait 80 dossiers en attente», a-t-il relaté.

Témoignage

Avant la présentation du bilan annuel, un bénéficiaire des services du CPRCN a partagé son expérience. De passage chez Homme Aide Manicouagan, un jeune père dont le fils avait été confié à la DPJ a senti qu’il devait se prendre en main lorsqu’il a lu la lettre d’une personne qui avait réussi à se sortir d’une situation semblable. Il a ensuite été appuyé par des organismes locaux, dont l’Association pour la protection des intérêts des consommateurs (APIC) et la Maison des familles. «Ça aide beaucoup, le soutien qu’ils donnent, quand on en a besoin, parce que, revenir avec le petit, du jour au lendemain, c’est pas toujours facile», a-t-il mentionné.

Après avoir fourni les efforts nécessaires et reçu l’appui de divers intervenants, c’est en présence de son garçon que l’homme s’est adressé aux gens rassemblés devant lui. «Quand quelqu’un veut, il donne tout ce qu’il a pour pouvoir réaliser une belle vie avec son petit gars», a-t-il laissé tomber, en posant le regard sur son fils, assis sur ses genoux. Mélanie Fournier, intervenante chez Homme Aide Manicouagan, en voit plusieurs, des pères qui ont besoin de soutien pour ravoir leur fils, en plus d’une foule d’autres cas variés. «C’est important d’aller chercher tous les services que les organismes peuvent donner pour leur apporter de l’aide», a-t-elle formulé.

 

Photo : Le Manic

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