Christian Larocque: un rein et la vie recommence

Par 12:00 AM - 20 mars 2015
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Baie-Comeau –En juin 2014, Christian Larocque a reçu le cadeau d’une vie, un rein. Après quatre années de dialyse et d’espoirs déçus, la bonne nouvelle est arrivée, même s’il aura fallu le décès d’un jeune de 18 ans pour qu’il reçoive la greffe qui allait signer son retour à une vie normale.

Charlotte Paquet

Mars, c’est le Mois du rein et s’il en est un qui se sent interpellé, c’est bien le jeune Baie-Comois de 27 ans. Il a accepté de raconter son histoire pour encourager les dons, mais aussi pour lancer un message aux personnes en attente d’une greffe de rein. «Ça prend de la patience et ne vous découragez pas», avertit-il.

Christian Larocque avait 21 ans lorsqu’il a appris qu’il souffrait d’insuffisance rénale. Une simple prise de sang a confirmé un taux anormalement élevé de créatine et très bas d’hémoglobine. Du jour au lendemain, il s’est retrouvé branché à une machine d’hémodialyse à la maison et ce, à raison de huit heures trois fois par semaine, avant de passer à quatre fois par semaine.

Comme on peut s’en douter, l’hémodialyse a complètement chamboulé sa vie. «Je voulais étudier en radio à Québec, mais j’ai mis ça de côté. Côté vie sociale, tu prends toute une raclée», raconte-il. Les soirées endiablées avec les chums, les petits voyages décidés à l’improviste et d’autres plaisirs de la vie, il lui a fallu oublier ça. Il y avait la fameuse machine à laquelle il devait se brancher pour filtrer son sang…

«Est-ce que ça va?»

Le 20 juin 2014, Christian revenait de l’un de ses nombreux suivis médicaux à Québec et se trouvait à bord du Camille-Marcoux, avec les côtes de Baie-Comeau en vue, quand le téléphone a sonné. «J’ai appris que j’avais un rein qui m’attendait. J’étais heureux et j’avais les larmes aux yeux», se souvient-il. Tout à coup, une dame lui demande: «Est-ce que ça va?» «Je lui ai répondu: oui, une personne vient de mourir et je vais avoir un rein», mentionne-t-il, encore ému aujourd’hui.

Le lendemain, le jeune homme a reçu la greffe qui allait lui redonner une existence normale. «J’ai retrouvé ma liberté. Ma vie ne dépend plus d’une machine qui était devenue un boulet à traîner», raconte celui qui planifie maintenant retourner aux études à l’automne.

Le délai moyen pour obtenir un organe compatible est de deux ans. Lui, il lui en aura fallu le double. La compatibilité se détermine par le groupe sanguin, les antigènes et l’âge du donneur, soit plus ou moins dix ans par rapport au receveur.

À la famille du donneur

Si Christian Larocque a retrouvé une qualité de vie, c’est malheureusement parce qu’un jeune de 18 ans est décédé à la suite d’une réaction anaphylactique à une allergie aux arachides. Il aimerait rencontrer  les membres de la famille du donneur pour les remercier.

«Je leur dirais vous avez perdu quelqu’un, mais j’espère qu’il va vivre à travers tous ceux à qui vous avez donné ses organes», indique celui qui a recouvré la santé à la suite de sa greffe.

Campagne du rein

La campagne du rein dans la Manicouagan en arrache en 2015. La responsable, Jacinthe Gagné, peine à trouver des bénévoles pour solliciter des dons de porte à porte. Si des gens veulent lui donner un coup de main afin que les personnes atteintes de maladies rénales reçoivent les meilleurs soins possibles dans l’attente d’une greffe, ils peuvent la rejoindre au 418 293-5434.

 

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